En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Cette parole est rude. Mais nous avons à reconnaître que le vrai choix de nos vies, c’est de poser comme première la relation avec le Seigneur. C’est cela qui compte. La situation est là pour que ce choix puisse se dire, se manifester, s’incarner. Alors, dans une certaine mesure, les circonstances comptent peu : il faut faire avec, les acteurs aussi à un certain niveau, compte peu : chacun doit répondre. Il y a, en effet, à rendre témoignage à la vérité, à la relation entre le Père et la personne en situation que cela soit le Fils ou le serviteur…
Dans un contexte de forte agressivité subie, Jésus parle à ses disciples pour les aider, les encourager dans cette profonde attitude de vie pour tous. Il leur dit combien compte le fait de rendre témoignage, d’exprimer leur relation dans la situation au mystère du Père. C’est cette prise de parole qui peut toucher l’autre, le transformer. Dire ici, c’est faire, c’est même être…
Dans cet appel à la mobilisation de soi dans l’épreuve de la situation, n’oublions pas que cette mobilisation de soi n’est pas une affirmation de puissance propre mais le témoignage rendu par quelqu’un à la compassion du Seigneur envers tous. Ce témoignage rendu requiert le respect et de sa propre liberté de témoin et de la vérité de la vie de Jésus. Que le Seigneur vienne en aide à chacun de ses disciples en situation ! Oui, Amen, Alléluia !
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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