Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Jn 20, 1.11-18 passage de relais pour un nouveau monde

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 21 Juillet 2026, 15:26pm

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Madeleine, l’apôtre des apôtres…

Madeleine, l’apôtre des apôtres…

Ce mouvement qui entraine Madeleine dans la Mission, en la rendant sienne, nous pouvons le recevoir nous aussi, à notre mesure, aujourd’hui. Il est celui de la nouvelle création dans laquelle nous entrons grâce à une nouvelle manière d’être en relation avec les autres. Madeleine est l’apôtre des apôtres. Son chemin éclaire celui qui s’offre à chacun de nous. Découvrons-le !

Ce mouvement commence à partir de l’être profond de Madeleine avec cette question qui lui par deux fois adressée « pourquoi pleures-tu ? ». Cette question est un appel à ce qu’elle, Madeleine, se recompose, se relie en elle-même : émotion, cœur, intelligence, volonté… qu’elle puisse prendre conscience de son être au-delà de la situation qui la prend (la disparition de Jésus). Mystérieusement cette question, répétée deux fois, travaille en elle, lui donne de se considérer, elle, au-delà de la situation à laquelle elle fait face.

Et, soudain, elle est appelée par une voix qu’elle connait et qui convoque son être dans son identité profonde « Marie ». Avoir son nom prononcé par un autre à des moments cruciaux de sa vie nous convoque en notre devenir essentiel. Ce nom, elle le reçoit et, du coup, nomme l’autre : « Rabbouni ». C’est une véritable reconnaissance. Dès lors elle peut entrer dans une nouvelle existence.

Elle va vers les autres. Elle leur annonce la bonne nouvelle de la Résurrection à partir du témoignage de ce qu’elle a elle-même vécu. « J’ai vu le Seigneur ! ». Les autres deviennent véritablement ses frères et les frères de Jésus car, par cette annonce reçue, ils sont, eux aussi, en capacité d’être habités par l’Esprit du Seigneur. Alors, nous aussi, prenons le temps de mesurer les moments où le Seigneur nous a touché en nos vies, prenons conscience que cet appel demeure appelant en nous encore aujourd’hui, prenons conscience que la Bonne nouvelle avance en nous et en toute l’humanité, recevons la mission qui en découle pour chacun de nous.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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