C'est ainsi que nous pourrons accueillir la Gloire que le Seigneur demande au Père pour nous. Comme toute chose qui nous vient du Seigneur, ce don est avant tout une responsabilité, un envoi en mission. Cette Gloire qui nous vient du Père, par le Fils, dans l'Esprit est là pour nous inviter à porter du fruit, à devenir davantage féconds pour construire, en ce monde et en ce temps, le Royaume et Sa Justice.
Porter du fruit
Nous avons à devenir davantage des porteurs de sens, attentifs à tout ce qui germe dans le monde et vient relever, accompagner, soutenir ceux qui ploient sous le poids du jour. Il s'agit bien d'être aux côtés des femmes et des hommes de ce temps, porteurs des grâces du Royaume. Cherchons, avant d'agir, ce qui fait sens, ce qui peut être un levier pour changer le monde et le rendre davantage ressemblant au projet de Dieu. C'est cela être fécond.
C'est, sans nul doute, se positionner à contre-courant dans notre société où ce qui importe, c'est ce qui est fait et non pas ce qui est. En effet, il ne s'agit pas de chercher à être utile mais à servir, à être pleinement présent aux mouvements du monde, à nos frères et sœurs en humanité, qui cherchent une vie en abondance, la plénitude de l'humanité.
C'est ainsi que nous pourrons porter, au cœur de ce que nous sommes, le nom de Dieu, Père-Fils-Esprit Saint. C'est dans ce nom que nous avons reçu ce baptême qui nous invite à porter le Christ au monde.
Prier pour mieux aimer
Cela exige de nous que nous nous laissions saisir par l'impératif de la prière, qui doit être le préalable à toutes nos actions. Prier, c'est entrer dans une relation avec Dieu. Cela nous dessaisit de tout impératif productiviste. Nous sommes là tel un « ami qui parle à un ami et se tait pour l'écouter », selon la belle formule d'Ignace de Loyola. Prier n'est pas une perte de temps ; c'est accéder à la plénitude de l'amitié, au fol amour que Dieu porte. C'est aussi prendre le chemin du Christ, que nous voyons tant de fois prier son Père.
La prière nous met aussi en relation les uns avec les autres et avec ceux et celles qui nous ont précédés. Il s'agit, bien sûr, des saints et saintes du calendrier, portés sur la gloire des autels, mais aussi ceux et celles de la « porte à côté », qui se sont efforcés de pratiquer l'Évangile dans le quotidien de leur vie (François, Angélus de la Toussaint 2015).
Alors, en ces temps où nous attendons la plénitude du don de Dieu, n'oublions pas de prier les uns pour les autres, les uns avec les autres. C'est par ce moyen très simple que notre vie pourra devenir signe et ressemblance et que notre cœur pourra ressembler à celui du Christ.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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