« Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu, pour servir aux tables » entendons-nous dans la lecture des Actes des Apôtres de ce 5ᵉ dimanche de Pâques. Ainsi, dès les débuts du christianisme, la tension entre l’annonce de l’Évangile et les œuvres de charité était là. Nous connaissons cela, nous aussi.
Annonce de l’Évangile ou service des pauvres
Nous sommes parfois tiraillés entre la prière et les œuvres et ne savons pas trop comment incarner l’impératif d’une foi en action. Les apôtres semblent régler cette question en instituant les diacres. Ils sont mandatés, en leur nom, pour servir les veuves. Ainsi, le problème semble réglé et satisfaisant tout le monde — c’est ce que nous dit la suite de ce passage. Les apôtres annoncent l’Évangile, les diacres s’occupent des veuves. Un problème, une solution.
Mais est-ce si simple ? Pouvons-nous nous satisfaire de cette théologie simplifiée du ministère diaconal dont semblent être tirées des théories managériales de notre temps ? Sans nul doute que non. Parce que l’annonce de l’Évangile et le soin des veuves, ce n’est pas qu’une question de ministère, de responsabilité, de délégation.
L’Unité dans l’annonce de l’Évangile
Il est essentiel de nous rappeler qu’il ne peut pas y avoir d’Eucharistie sans lavement des pieds, sans service. L’un est ordonné à l’autre. Ainsi, le service de l’annonce de l’Évangile et le soin des plus fragiles sont inextricablement unis. Lorsque l’Église prend soin des plus fragiles, c’est du Christ qu’elle prend soin : c’est l’Évangile en actes qu’elle annonce.
Une foi qui se dit en action
Aussi, nous ne pouvons pas nous contenter d’une foi qui se proclame mais qui n’agit pas. La foi, la passion pour le Christ et sa Bonne Nouvelle doit nous entraîner à nous compromettre avec nos frères et sœurs en humanité. Nous avons à épouser le même mouvement que celui du Christ à son Incarnation, qui est venu partager notre humanité. Notre foi ne nous met pas à part en nous faisant devenir des citoyens au balcon qui regardent la tragédie de l’humanité.
Le Créateur fait de nous des glaiseux, des femmes et des hommes façonnés par l’Amour de Dieu pour l’annoncer, même au cœur des duretés de la vie, à nos frères et sœurs en humanité. Ainsi, nous sommes pleinement participants, acteurs — parfois victimes — de cette humanité partagée.
Mais, nous, chrétiens, nous avons une responsabilité dans ce monde et pour ce monde. Notre baptême nous fait rejoindre l’appel de Dieu à faire, en Lui, toutes choses nouvelles. C’est ce que Pierre nous dit à la fin de la seconde lecture de ce dimanche : nous sommes appelés à annoncer « les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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