Annoncer l’Évangile « en sortie »
Nous sommes ainsi invités à sortir d’une foi personnelle, d’une relation intime avec Dieu, pour aller dehors et annoncer ce qu’il ne cesse de faire pour nous : nous aimer sans raison. C’est donc bien à une Église en sortie, une Église missionnaire, que Pierre nous invite à devenir ce dimanche. Nous pouvons y entendre comme un écho du pontificat de François.
Souvenons-nous aussi que cette proclamation de l’Église en sortie est assortie de l’hôpital de campagne (EG 49) : présente au cœur pour apporter la discrète charité de ceux qui font l’Église. Cette Église au cœur de nos fragilités, du mystère de notre humanité, est là pour révéler que Dieu, avec nous, veut prendre soin de nous. Ce n’est pas une Église triomphante qui proclame un dieu lointain, assoiffé de sacrifice et d’offrande d’or. C’est davantage des compagnons avec l’humble proximité de frères et sœurs qui s’abaissent pour relever celui ou celle que la vie fragilise.
Aussi, cela demande de se laisser mouvoir par l’autre, de laisser ses joies, ses peines, ses angoisses (GS 1) nous rejoindre pour les transformer en vivante offrande. Il ne s’agit pas de tout spiritualiser, mais de porter à Dieu, par la prière, la vie de nos frères et sœurs et de recevoir la force de devenir témoins, jalons de l’Amour de Dieu.
Nous ne sommes pas Dieu
Ceci dit, il ne nous revient pas de régler tous les problèmes du monde, tels des super-héros, mais de pouvoir révéler la tendresse de Dieu en agissant comme l’Esprit peut nous le suggérer.
Ainsi, il nous revient d’apprendre à discerner, à agir avec prudence, dans les affaires de ce monde que nous rencontrons. Certes, nous sommes appelés à témoigner par nos vies, par nos actes et nos paroles, de la proximité de Dieu, mais nous ne sommes pas Lui. Il nous faut donc agir avec lucidité et humilité dans notre chemin d’humanité, sans pour autant refuser de tendre la main à ceux qui en ont besoin.
Pour avancer dans cet équilibre, qui manifeste le souci d’annoncer Dieu dans et par toute notre vie, nous avons besoin de nous en remettre à l’Esprit. C’est Lui qui nous permet d’avancer sur les chemins qui conduisent à manifester la tendresse du Père, par le Fils, par nos vies, aux femmes et aux hommes de ce temps.
Une bienheureuse vigilance dans l’action
Soyons vigilants à faire tout ce qui nous est humainement possible pour faire croître la concorde, la paix et la solidarité là où nous sommes. Pour autant, n’oublions pas de laisser toute la place au Seigneur. Ne nous substituons pas à Lui ; nous n’en sommes pas capables, puisque nous ne sommes pas Lui ! Pour autant, demandons-lui de nous inspirer des paroles, des attitudes, des gestes de paix pour que l’espérance croisse en ce monde divisé et déchiré.
Même si c’est nous qui agissons, nous le faisons en nous recevant du Seigneur, de la force de son Esprit. C’est pour cela qu’il est indispensable, nécessaire de se laisser rejoindre par la Parole de Dieu qui jaillit au cœur du monde, au cœur du temps. Elle est ce commencement d’une fin de brise légère (1 R 19, 13), rafraîchissante comme le vent un soir d’une journée d’été trop chaude.
Prenons le temps de goûter ces moments d’infinie tendresse, d’infinie douceur, qui nous révèlent où est le sens du service de Dieu et de nos frères et sœurs en humanité. Ainsi, nous pourrons « faire les petites choses de tous les jours avec un cœur grand ouvert à Dieu et aux autres », comme le disait le pape François.
Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, pour accueillir la grâce d’annoncer l’Évangile en ce monde et en ce temps par une foi qui se dit dans ce que nous accomplissons au nom du Seigneur.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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