Ce 4e dimanche du temps ordinaire, faisons attention à ce que Paul nous dit dans la seconde lecture. Il nous invite à bien comprendre le Dieu dans lequel nous mettons notre foi. Nous avons tendance à confondre Dieu avec les dieux de l'Olympe, qui agissent avec force et fracas. Le Dieu qui est père de Jésus-Christ n'est pas celui-là. Il n'est pas un dieu des forts mais le Dieu qui choisit ce qu'il y a de fou et de faible dans le monde.
Découvrir la folie de Dieu
Pour lever tous les doutes possibles, contemplons la vie de Jésus, de sa naissance à sa mort. Il naît dans une mangeoire, à l'abri d'une étable et meurt sur une croix comme un paria. C'est là une figure de Dieu bien étrange. Pourtant, c'est bien Lui qui nous entraîne à vivre pleinement sa Bonne Nouvelle. Son projet est pleinement disruptif car il cherche à accueillir non pas ses adeptes, mais tous et toutes. Et ce sont nos fragilités, nos difficultés, nos doutes, nos peurs, nos angoisses… qu'il veut rassembler et réconcilier pour les transformer.
Dieu n'est pas un magicien qui vient modifier l'existant. Il vient à notre rencontre dans l'ordinaire du temps pour nous conduire à la plénitude de son amour. C'est-à-dire que notre recherche de performance, de perfection n'est pas de l'ordre de la foi. Non pas qu'il faille se contenter de la médiocrité et ne pas chercher à faire le bien, le bon et le beau. Cela est nécessaire mais n'est pas une fin en soi. Nous devons rechercher ce qui nous conduit davantage vers ce qui nous fait grandir et ce qui peut faire croître nos contemporains.
C'est donc bien à une démarche de conversion que nous sommes appelés : reconnaître nos pauvretés, nos blessures, nos faiblesses. C'est dans ces lieux de vulnérabilité que Dieu peut faire grandir l'homme intérieur. C'est-à-dire aider notre cœur de pierre à cheminer vers un cœur de chair. Un cœur qui bat au rythme du cœur de Dieu. Ce rythme n'est pas la vitesse de la lumière, telle une course contre la montre, mais celui des plus petits, des plus fragiles.
C'est dans cette folie d'un long compagnonnage avec le Seigneur que nous pouvons découvrir la tendresse, la force et le dynamisme de Dieu. Ainsi, nous découvrirons l'importance de prendre le temps de nous découvrir tel que nous sommes pour partir annoncer l'Évangile. Cette mission peut se déployer dans la fragilité de notre humanité. Ne craignons pas de laisser passer Dieu au milieu de nous pour nous conduire doucement mais sûrement dans la découverte de la plénitude de sa joie.
Aimés passionnément par Dieu
Ainsi, nous nous découvrons aimés avec passion par ce Dieu qui s'est livré à la folie des hommes. Une folie dont nous faisons mémoire à chaque fois que nous célébrons l'Eucharistie. Là, Dieu ne cesse de nous redire son désir de se donner à nous pour que nous nous laissions conduire vers nos frères et sœurs. Ensemble, peuple de fragiles, nous pouvons bâtir l'espérance du Royaume si nous abandonnons nos volontés de puissance et autres velléités de domination.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau Cor unum
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