Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
Un temps nouveau advient pour l’humanité avec la venue du Fils de Dieu : la quête de l’humanité dans son retour vers son créateur est portée, enveloppée par la vie de Jésus. Ici avec la naissance de Jean Baptiste et sa circoncision nous pouvons déjà percevoir le style de ce nouveau temps pour l’humanité.
« Non, il s’appellera Jean. » Il y a l’entente parfaite entre Zacharie et Elisabeth. Ils parlent de la même voix pour ancrer le changement par la proclamation du nom de l’enfant. Ils assument à deux le changement. La nouvelle ère sera toujours celle de la communauté, plus de héros solitaire mais un collectif qui se rassemble, se concilie, décide et œuvre en s’ouvrant aux autres…
« À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia » le retour à la parole de Zacharie qui permet la parole commune entre lui et Elisabeth signe une durée qui a pris tout l’être de Zacharie : son corps physique, la relation avec son épouse, son statut sociale. La nouvelle ère c’est donc une ère de la démarche communautaire mais aussi une ère de la mobilisation générale de la personne… une bonne nouvelle qui se déploie dans la durée et l'épaisseur de toute la personne.
« La crainte saisit alors tous les gens du voisinage » alors comme pour les protagonistes de la scène évangélique : voisins, famille et amis à nous de recevoir cette bonne nouvelle de manière communautaire et dans l’épaisseur de toute notre vie. Demain cela sera déjà Noël !
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
/image%2F0931903%2F20251223%2Fob_217298_zacharie-and-co.jpg)
