Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


La fragilité de Noël (I)

Publié par Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum sur 24 Décembre 2025, 15:27pm

Il y a un peu plus de quatre semaines, nous nous sommes mis en route vers cette nuit tant espérée. Aujourd'hui, en cette nuit, nous célébrons Noël ; un soir où de la terre, le cri d'un enfant vient resplendir, au cœur de la nuit, de nos nuits, et même de nos joies. Ce cri dans un silence hurlant vient nous dire, de la part de Dieu : « Je t'aime comme ce Fils qui vient de naître chez Joseph et Marie. » Ce bébé, comme tout nouveau-né, est fragile, exposé au bon vouloir des hommes et des femmes nés avant lui. Mais, ce qui change tout, ce soir, c'est que ce bébé est le Fils de Dieu.

Noël : Dieu se donne à nous

La fragilité de Noël (I)

Nous rendons-nous compte de ce que nous célébrons cette nuit ? Dieu vient se donner à nous, dans une mangeoire, en marge d'une auberge, dans une famille loin de chez elle. Qui donc est ce Dieu qui est si fou d'amour pour nous qu'il prend autant de risques. C'est perdre tout sens commun de raisonner comme Dieu ce soir. Et pourtant, il n'est pas d'autre réalité que celle-ci. Ce soir, Dieu vient parmi nous, dans une mangeoire, déjà enveloppé du linceul de la résurrection.

La folie du mystère de Noël

Aussi, devant un tel mystère, soit nous perdons tout de suite la raison et/ou la foi en disant que c'est impossible ou bien nous nous laissons entraîner dans ce mystère en faisant acte de foi. Si nous choisissons de faire confiance à Dieu, de nous laisser entraîner par la vie et la lumière qui débordent ce soir de la crèche, nous prenons le risque de l'intranquillité. Cheminer avec Jésus, avec Dieu fait homme pour le laisser éclairer notre vie, c'est faire le choix de la fraternité. Dieu, ce soir, devient le frère de chacun.

Le refus de Dieu

Pourtant, des hommes ne veulent pas de lui. L'Évangile nous dit « qu'il n'y avait pas de place » pour Joseph et Marie sur le point d'accoucher. C'est un pur scandale. Déjà, à peine né, Jésus est une pierre d'achoppement. Peut-être nous faut-il comprendre que la foi est quelque chose de scandaleux, sur laquelle nous ne cessons de buter. Il n'y a rien de logique dans le fait de croire en Dieu, en cette puissance d'amour et de vie. Aucune raison valable de se laisser entraîner par un Dieu qui ne brille que par sa pauvreté.

L’exemple des apôtres

Les apôtres ont pourtant été saisis par Lui au péril de leur vie et poursuivi son œuvre malgré les fatigues et les contradictions. Nous pouvons penser spécialement à Pierre qui nie connaître son Ami. Si Pierre a renié Jésus dans la cour du prétoire, alors combien il nous est aussi possible de le renier. Mais, malgré cela, et peut-être parce que le Seigneur connaît notre difficulté de tenir dans les décisions, il continue de nous choisir. La folie, la déraison est aussi du côté de Jésus. Tel père, tel fils pouvons-nous dire.

Pourquoi croire à Noël ?

Cette histoire de Noël, tout comme celle de Pâques ne tient pas un seul instant. Elle n'est même pas une histoire à dormir debout, elle est tout bonnement insensée. Alors, pourquoi continuons-nous de croire ? Pourquoi tant d'hommes et de femmes ont risqué leur vie pour se conformer à cet appel à la fraternité universelle ? Ils n'ont rien gagné si ce n'est la gloire des autels comme les cinquante martyrs récemment béatifiés à Paris, il y a dix jours.

Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum

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