En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’ Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice.
Cette foi, c'est donc bien autre chose que la pratique religieuse, les activités... Tout ce qui est de l'ordre du « faire ». Il s'agit bien plus d'être et de chercher comment il est possible d'être avec Dieu en étant avec nos contemporains. Ils sont visage du Christ et peuvent nous conduire à le découvrir à l'œuvre en cet âge. Regardons ce « juge dépourvu de justice » dans l'Évangile de ce dimanche. Il a fini par rendre la justice pour avoir la paix. Il fut ainsi témoin, à son corps défendant sans doute, de la générosité du Père.
Ainsi, nous ne devons pas nous décourager dans les tribulations de notre vie, de notre monde. Nous savons que Dieu agit par nos mains en ce monde et en ce temps. Nous ne savons pas trop comment exactement, mais nous en avons l'assurance si nous mettons la foi au cœur de notre vie. Toutefois, elle n'est pas de l'ordre de la magie, de la méthode Coué. Habités de la force de Dieu, unis les uns avec les autres, nous pourrons faire triompher la justice et la paix qui construisent le Royaume.
La foi et l’Église
Ainsi, même si la foi est une question individuelle, personnelle, dans la relation que nous choisissons de tisser avec le Christ, c'est aussi une dynamique communautaire. Certes, cultiver notre relation à Dieu individuellement n'est pas néfaste, mais elle doit nous amener à habiter et transformer le monde ensemble.
Peut-être que la première lecture de ce dimanche peut nous aider à y voir plus clair dans cette dimension communautaire. Les bras de Moïse levant le bâton de Dieu conduisent à la victoire contre les Amalécites. Mais, tout Moïse qu'il est, il se fatigue vite ; « ses mains s'alourdissent », nous dit le texte. Alors ses proches, Aaron et Hour, lui viennent en aide. Ils utilisent leur intelligence pour que l'œuvre de Dieu, par Moïse, donne à Josué et ses hommes la victoire. Certes, c'est Moïse qui levait les bras et Josué qui conduisait la bataille, mais au final, ce sont tous ceux qui ont contribué à ce que l'action de Dieu, par celle des hommes, s'accomplisse.
Ainsi, il est important pour nous de nous sentir liés les uns avec les autres. Chacun d'entre nous a une mission, des capacités, des manières de faire ou de voir. Mais nul d'entre nous ne possède « la vérité » et n'est capable de tout faire. C'est en comptant les uns sur les autres, habités de la foi, que nous pourrons apporter la lueur du Christ à ce monde parfois terne. La communauté permet de tenir bon dans la foi, d'entretenir cette lueur pour qu'elle se vivifie et se répande dans tout l'univers.
Même si nous n'avons pas choisi ceux et celles qui appartiennent à la communauté des croyants, apprenons à nous reposer sur leur prière. Dans l'Eucharistie que nous célébrons, nous témoignons de cette réalité mystique en demandant au Seigneur de nous unir davantage les uns avec les autres. Son corps partagé est là pour que nous soyons pleinement et davantage ce corps offert au monde. Dans notre prière commune, dans notre communion à son corps et à son sang, nous plongeons notre vie dans celle du Christ.
Puisse cette vie déborder en nous et nous donner de croire vraiment en Dieu pour sa plus grande gloire et le salut du monde.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau membre de la société de vie évangélique du cœur de Jésus
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