Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 18, 1-8 Demander la grâce de la foi (I)

Publié par Pierre-Baptiste Cordier Simonneau sur 18 Octobre 2025, 21:37pm

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’ Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice.

Lc 18, 1-8 Demander la grâce de la foi (I)

« Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Ces mots concluent l'Évangile de ce 29e dimanche ordinaire. Ils ne sont pas particulièrement optimistes et ne nous portent pas particulièrement vers l'espérance. Pourtant, ces mots sont ceux de Jésus tels que Luc nous les rapporte. Que peuvent-ils bien vouloir dire et comment cela résonne-t-il en nous et au cœur de notre engagement collectif, ecclésial, à la suite du Christ ?

La foi ou les œuvres ?

Dans cet Évangile, il ne s'agit pas d'Église, de communauté, de structures humaines fondées sur la foi qui seraient vouées à disparaître. L'interrogation de Jésus dans cet Évangile vient nous percuter dans notre confort de chrétien un peu ancien, un peu installé dans ses habitudes ecclésiales. Nous pouvons facilement avoir une pratique chrétienne un peu ronronnante, bien qu'habitée de quelques soubresauts métaphysiques.

Avons-nous la foi ?

Mais avons-nous la foi ? Sommes-nous véritablement des compagnons de Jésus, disciples-missionnaires, disponibles pour le servir, même au cœur du silence et de la nuit ? C'est, avouons-le, assez difficile à évaluer, car c'est de l'ordre de l'intime, du for interne, du dialogue intérieur entre notre cœur et la transcendance.

 

Qui suis-je ?

Il ne s'agit pas là d'une question philosophique ou rhétorique. Jésus, par cette question, vient nous demander une fois encore : « Pour toi, pour vous, qui suis-je ? » Chacun est invité à répondre à cette question dans son cœur, à l'intime de ce qu'il est et de ce qu'il ressent de cette relation. Ce n'est pas la première fois que Jésus nous interroge sur la foi : souvenons-nous de la parabole du grain de moutarde, il y a quelques semaines. Jésus veut sans doute nous sensibiliser, nous réveiller, tel un enseignant cherchant à attirer l'attention de ses auditeurs. Mais au-delà de l'effet rhétorique, il vient souligner la non-évidence de la foi. Même si la grâce nous a donné la foi, l'enthousiasme et le dynamisme pour choisir le Christ, rien n'est facile ni évident.

Qu’est-ce qu’avoir la foi ?

Avoir la foi, ce n'est pas d'abord « bien agir » ou « donner aux œuvres ». C'est une question de rencontre, de flammes qui se maintiennent vives pour éclairer et réchauffer nos vies. C'est une question d'amour, de confiance et d'audace. La foi, c'est – bien sûr – reconnaître le Christ comme Fils bien-aimé de Dieu le Père. Mais c'est aussi reconnaître que le Christ-Jésus nous devance sur les routes humaines.

Se laisser rencontrer par le Christ ?

Nous avons à accepter de faire l'expérience de nous laisser rencontrer par lui. Il vient sur nos routes humaines pour nous inviter à la foi. Aussi avons-nous à faire preuve de discernement, d'éveil aux signes des temps, pour découvrir, tel Jacob sur la rive du Yabboq : « Dieu était là et je ne le savais pas » (Gn 28, 16). Dans notre vie, il y a des événements, des situations, des rencontres et des paroles qui font jaillir en nous l'espérance. C'est cela, avoir la foi : garder fermement, au plus intime de nous-mêmes, l'assurance d'un avenir, car Dieu, en son Fils, a vaincu la mort.

Pierre-Baptiste Cordier Simonneau membre de la société de vie évangélique du cœur  de Jésus

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