Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 12, 1-8 aller vers un vrai changement de culture !

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 18 Juillet 2025, 09:07am

En ce temps-là, un jour de sabbat, Jésus vint à passer à travers les champs de blé ; ses disciples eurent faim et ils se mirent à arracher des épis et à les manger. Voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! » Mais il leur dit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l’offrande ; or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger, mais seulement les prêtres. Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont pas commis de faute. En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat.»

Voir autrement pour comprendre, faire et vivre autrement (merci à l’auteur de la photo).

Voir autrement pour comprendre, faire et vivre autrement (merci à l’auteur de la photo).

Dans ce passage de l’évangile, nous assistons à l’explosion d’un système culturel, celui des pharisiens et plus largement du Peuple Juif, à partir des actes posés par les disciples mais surtout à partir des paroles du maître. Prenons la mesure de ce que peut vouloir dire : « Faire ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! » Le sabbat ce moment de la semaine particulier avec l’interdit du non travail qui donnait sens à tout le reste de la semaine, par-là, reçue de Dieu : il explose. Un autre interdit est mis à mal celui de l’alimentation : « nul n’avait le droit d’en manger, mais seulement les prêtres ». Cet interdit institue les différences avec les autres peuples et même au sein du Peuple entre le prêtre et le non-prêtre. Nous pouvons ainsi comprendre l’effroi des pharisiens devant cette confusion immense.

 

Mais cette explosion conduit non pas à une perte mais à un nouveau système culturel. Jésus en pose les bases à partir des besoins essentiels de l’homme : manger puis habiter. Tout a commencé, dans cette scène, parce que « Ses disciples eurent faim ». Le principe du système culturel nouveau est celui de la compassion, compassion qui s’exerce envers quiconque et qui autorise. C’est à partir de la compassion envers l’autre que la miséricorde s’exerce au détriment du sacrifice. Ce système culturel nouveau rend grâce à Dieu, L’honore en laissant habiter dans le cœur de l’homme ce qui est au cœur de Dieu : l’amour, l’amour désintéressé de l’autre…

 

Prenons conscience que chacun de nous, nous sommes à vrai dire de petits pharisiens, campés sur une manière de voir qui souffre bien souvent d’être simplement trop limitée. Alors sachons recevoir avec joie et confiance tout effondrement de notre système culturel qui nous reconduit à la pauvreté de notre condition d’homme toujours en besoin de manger et d’habiter. Et laissons alors émerger la forme culturelle qui honorera Notre Père et aidera notre frère. N’ayons crainte. Le Fils de l’homme est maître de tous les sabbats de la terre, même des nôtres !

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