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Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Migrants : à Calais, une grève de la faim dans une église contre les traitements dégradants

Publié par Jardinier de Dieu sur 14 Octobre 2021, 07:16am

Catégories : #actualités

Nous nous sentons de porter à votre connaissance cette information. Ne vivons pas dans un monde qui nous cherche a nous anesthésier, bien des personnes souffrent parce qu'elles ne sont pas prises en compte avec l'attention nécessaire. C'est vrai des migrants c'est vrai aussi de bien d'autres personnes. Soyons informés, prions pour elles, communiquons cet enjeu, posons également un acte d'attention et de bienveillance où nous sommes en dehors de nos cercles habituels de relations. Cultivons notre terre patiemment. Et notre terre fleurira ! 

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Migrants : à Calais, une grève de la faim dans une église contre les traitements dégradants

Les faits  Deux bénévoles et un prêtre ont entamé une grève de la faim dans une église pour demander la fin des évacuations et des confiscations de biens des migrants de Calais pendant la période hivernale et l’ouverture d’un dialogue avec les autorités.

Nathalie Birchem, 

​​​​​Depuis le lundi 11 octobre après-midi, Anaïs Vogel, 35 ans, Ludovic Holbein, 38 ans, et Philippe Demeestère, 72 ans, prêtre jésuite, ont entamé une grève de la faim dans l’église Saint-Pierre de Calais. « Nous boirons mais nous ne mangerons pas, le temps qu’il faut pour que l’État nous entende », explique Anaïs Vogel. « Je connais les risques pour notre santé, mais ce risque je le prends parce que depuis que je suis à Calais, la situation ne fait qu’empirer et plus aucun dialogue n’est possible avec les autorités », renchérit son compagnon Ludovic Holbein.
« C’est important que des Français puissent dire, avec notre corps qui est ce que nous avons de commun avec nos frères, qu’il y a des choses intolérables qui se passent, non dans une dictature lointaine, mais ici dans notre propre pays. Il y a une anesthésie des consciences et il faut que cela cesse », renchérit Philippe Demeestère, prêtre et aumônier du Secours catholique, qui précise que « cette grève de la faim se passe dans une église avec l’accord du curé et en lien avec l’évêque ».
« On est arrivé à un point où plus rien ne choque »
Si Philippe, qui vit depuis 35 ans avec des sans-abri, habite depuis six ans à Calais, où il s’occupait de la Crèche, un lieu d’hébergement fermé sur décision administrative, Anaïs et Ludovic, qui voyagent depuis cinq ans, sont arrivés en février 2020 dans la ville, où ils ont créé Shanti, une petite association destinée à créer des liens entre exilés et Calaisiens. Les trois ont appris à se connaître lors d’un atelier de gravure de plaques en hommage aux migrants décédés en tentant de passer la frontière.
Ils ont décidé ensemble de cette grève de la faim, il y a deux semaines. Yasser, un jeune Soudanais de 20 ans, venait de mourir percuté par un camion, comme près de 300 autres exilés depuis trente ans. Le même jour, les autorités ont fait évacuer, une énième fois, le campement proche de l’hôpital, laissant les migrants qui s’y trouvaient sans abri.
« On en est arrivé à un point où plus rien ne choque personne, explique Ludovic Holbein. Évacuer des gens qui viennent juste de voir mourir leur ami ne choque pas ; leur prendre leur tente alors qu’il fait froid ne choque pas ; interdire à des jeunes de 15 ans de s’abriter de la pluie sous un pont ne choque pas… Aujourd’hui, il y a tellement de rues où les distributions alimentaires sont interdites qu’on est obligé de le faire dans des cours privées. »
 
« Les expulsions ont lieu maintenant quasiment chaque jour, à chaque fois, les exilés se font prendre leurs tentes et se retrouvent sans abri, complète Anaïs Vogel. Et il arrive de plus en plus souvent qu’ils se fassent frapper. En août, une personne que je connais s’est fait attraper par 5 ou 6 policiers. Ils lui ont cassé toutes ses dents et il a eu des points de suture à l’arrière du crâne. »
« Nous ne réclamons pas l’ouverture des frontières mais juste que l’État respecte la loi »
« La grève de la faim de Philippe, Anaïs et Ludovic est une décision individuelle, commente Juliette Delaplace, chargée de mission du Secours catholique à Calais, mais nous faisons tous le constat que nous avons tout essayé pour faire cesser cette politique mortifère : nous avons envoyé des courriers, organisé des manifs, saisi les tribunaux… Et le défenseur des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme ainsi que l’ONU se sont prononcés. Mais le gouvernement n’entend rien. On en vient donc à des actions radicales où les gens mettent en péril leur santé pour obtenir des choses extrêmement raisonnables. »
« Nous ne réclamons pas l’ouverture des frontières mais juste que l’État respecte la loi et cesse les traitements dégradants, reprend Anaïs Vogel. Nous voulons la suspension durant la trêve hivernale des démantèlements de campements, l’arrêt de la confiscation des tentes et des effets personnels des personnes exilées et l’ouverture d’un dialogue raisonné entre autorités publiques et associations non mandatées par le gouvernement sur l’ouverture et la localisation des distributions d’eau et de nourriture. Ce n’est quand même pas énorme. »
La préfecture du Pas-de-Calais, de son côté, « regrette la méthode employée » et assure que « le dialogue avec les associations n’a jamais été rompu ». Elle met en avant qu’un « dispositif humanitaire de proximité, unique en France, est mis en œuvre à Calais », comprenant des mises à l’abri, un accès aux soins, des distributions de repas et d’eau ainsi qu’un accès à des douches, via une association mandatée, pour un coût près de 20 millions d’euros par an. Un dispositif que les associations, qui estiment que près de 1 500 migrants sont toujours à Calais, jugent sous-dimensionné et peu adapté.
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