Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 6, 19-23 J’accumule ce qui a valeur pour moi… Alors que me dit donc cette accumulation ?

Publié par Père Jean-Luc Fabre sur 22 Juin 2014, 05:00am

Catégories : #2014 Evangile piste de réflexion

Matthieu 6, 19-23 Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et la rouille les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c'est l'œil. Donc, si ton œil est vraiment clair, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il ! »
Pas à pas, d’une manière toute expérimentale, une connaissance de son être pour chacun est proposée par le Seigneur : en allant du trésor accumulé, par le cœur, à l’œil… Cela conduit chacun à découvrir ce qui compte le plus pour lui présentement… Cela nous donne de pouvoir faire, concrètement, un examen de conscience. Nous concentrons notre observation sur ce que nous accumulons, pour reconnaître ce qui a valeur pour nous. Peut-être, nous faut-il simplement nous souvenir de ce que l’on dit d’une valeur. C’est quelque chose qui nous met en mouvement, comme le bébé qui tend les mains vers quelque chose qui lui paraît désirable. Alors, vers quoi tendons-nous les mains, chacun de nous ? Vers quoi, sans cesse, nous allons et nous rassemblons… les objets accumulés sont bien souvent les signes de notre quête…
 
Il y a, en chacun de nous, une capacité d’accumuler pour un bien. Je le vois, chaque jour, en passant sur le trottoir le long de l’Eglise qui mène aux bureaux où je travaille. Un « sans domicile fixe » a installé son campement. Il a de fait pas mal d’objets mais chose surprenante beaucoup de ces objets sont relationnels, pour entrer en rapport avec l’autre, une petite table, des chaises, des jeux de cartes, des livres, des revues et bien souvent plein de personnes, bien différentes, passent du temps avec lui pour échanger, jouer, deviser, écrire… Son prédécesseurs, quant à lui, cherchait davantage à accumuler des moyens de confort, se protéger de la pluie, disposer d’un endroit clos, se retirer du regard des autres… Le passage de la police qui leur reprend leurs objets et libère l’espace public, leur redonne d’accumuler à nouveau, dans leur même perspective…
 
Ce qui est vrai des SDF et aussi vrai de chacun de nous… A partir du repérage proposé par Jésus, nous pouvons voir, prendre conscience de vers où nous voulons de fait aller. Cette prise de conscience peut nous être salutaire. Quels sont donc les objets, matériels ou immatériels, que je cherche sans cesse à accumuler ? De quoi sont-ils donc le signe, de quel désir... Et de ce constat, je puis me demander si mon dynamisme de vie est bien orienté ou non… Je deviens alors libre pour un ailleurs, pour une traversée véritable… Me mettant à la suite de ce Christ qui ne possédait même pas une pierre pour reposer sa tête…

 

Père Jean-Luc Fabre

 

image  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3c/HomelessParis_7032101.jpg

Mt 6, 19-23 J’accumule ce qui a valeur pour moi… Alors que me dit donc cette accumulation ?
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Bonjour.<br /> Je vous lis et reçois vos articles, mais je ne savais pas que vous étiez prêtre, Jésuite. J'ai eu un accompagnateur spirituel Jésuite qui est décédée l'année dernière P.Antoine Guillén. Un Jésuite Espagnol <br /> " Dimanche dernier, le 15 septembre, est décédé le Père Antonio Guillén Paredes SJ, Père Directeur du Sanatorium pendant 8 ans, de 2004 à 2011. Des années qu'il a partagées avec les résidents, les bénévoles et les amis de Fontilles, et au cours desquelles il s'est donné au soin humain et spirituel de tous ceux qui en avaient besoin."<br /> Après ce préambule. Je pense que l'encombrement nous attache de plus aux choses d'en bas, là où le jour de notre départ pour notre vraie et définitive patrie, nous serons obligés de nous séparer. L'exemple de l'EDF me fais penser à chacun de mes amis de la rue de chez les Frères Missionnaires de la Charité ( Mère Teresa) m'ont fait comprendre. J'ai noté que dans leur "dépourvu" même le nécessaire, ils savent partager. <br /> Et je trouve que les plus pauvres on comprit cet évangile. Merci de vos articles. nani
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