En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Jésus encourage, ici, ses disciples à avancer sur le chemin de la Vie. Il les appelle, pour cela, à vivre une évolution fondamentale de leur être intérieur. « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». Il faut un renoncement de soi, de sa manière, d’être sa « psyché » pour laisser advenir, en soi, la nouveauté de la « zoé ». Comment pouvons-nous le vivre ? Comment pouvons-nous nous détacher de notre manière d’être d’exister… Seul, aucun de nous ne le peut !
Jésus propose alors, pour cela, un chemin concret à celui qui désire être le serviteur du Seigneur :« là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. ». Rappelons-nous que le serviteur n’est pas celui qui fait pour le maître mais celui qui fondamentalement est avec son maître. Alors nous pouvons comprendre le chemin concret que propose le Seigneur, être avec le Seigneur, agir, vivre comme lui, être ainsi en lien avec une existence qui ne se vit pas à partir d’elle-même mais à partir de la relation avec le Père. Il nous donne, en étant avec lui, de pouvoir nous quitter pour aller à la Vie véritable.
Cette parole rejoint tous les chrétiens. Elle nous rejoint comme jésuites, nous qui avons la chance de risquer notre vie sur l’obéissance, en acceptant que notre vie ne trouve pas son étiage sur elle-même mais dans l’obéissance à la parole du Supérieur. Aussi je prie pour vous, scolastiques étrangers qui plongez bravement dans une nouvelle langue. Vivez à fond cette expérience qui est, ne nous y trompons pas, éminemment une expérience spirituelle. Entrer dans une nouvelle langue, c’est accepter de vivre autrement, de sentir autrement, de se détacher de sa propre manière d’exister. Que le Seigneur vous donne de vivre cette expérience et que cela conforte en vous le goût de vivre à partir de la seule obéissance au Christ. Pour avancer sur cette voie, recevons la promesse qui nous est adressée : « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
/image%2F0931903%2F20260810%2Fob_2c0c5c_laurent.jpg)
