Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


19 septembre – 25ème dimanche – Accueillir « un enfant », envoyé …

Publié par Olivier de Framond, compagnon jésuite sur 18 Septembre 2021, 20:11pm

Catégories : #2017_framond

L’enfant de l’époque n’est pas l’enfant roi. Il est dépendant. Dépendant de ses parents, serviteur confiant en l’avenir qui lui sera donné. Dépendant de l’entourage et des événements. Il consent à ce qui vient. Et moi qui rêve d’autonomie, de maîtrise, d’indépendance ! La joie n’est pas là ? L’enfant ici, c’est le Christ lui-même, le Fils, dépendant de la condition humaine, dépendant des caprices des hommes. Il ne dit pas « je serai livré à leurs mains », mais « le Fils de l’homme sera livré ». Envoyé par le Père, il se reconnaît en tout enfant, dépendant avec confiance de ce qui vient. On dit que les enfants révèlent leurs parents à eux-mêmes devant le monde. Le Fils de l’homme révèlera le monde à lui-même, et l’Homme, quand des mains le livreront. « Voici l’Homme », dira Pilate, devant l’enfant offert à la jalousie et aux rivalités de qui refusent la vérité.

La confession de Césarée fait basculer Jésus vers sa fin. La relation aux douze et aux disciples est bousculée. Celui qui les a appelés, relevés, Celui qui leur a ouvert la vue, l’oreille, à la rencontre du monde, Celui qui passait en faisant le bien, voilà qu’il nous annonce sa fin tragique ; et un truc incompréhensible : « il ressuscitera le troisième jour ». La relation se refroidit : les disciples n’osent plus l’interroger, ils se taisent. Ils vont perdre l’espoir de la libération d’Israël. Comme l’Eglise aujourd’hui ici ou là, hier forte, avec un rôle dans nos sociétés chrétiennes, et qui semble n’intéresser plus personne. Il ne leur reste plus aux douze qu’à voir qui est encore « grand », fort, parmi eux, pour tenir encore. Le plus grand ? Celui qui consent à servir et dépendre, à se laisser envoyer par « le Père », confiant dans l’Esprit qui révèlera la Vie, l’enfant, l’Homme. Il y a ce temps de crise, de brouillard, à recevoir, à traverser, où j’apprendrai à accueillir le Fils de l’Homme, qui tel un enfant, un migrant, un tout-petit, s’offre au monde, envoyé pour la Vie.

Olivier de Framond, compagnon jésuite

Sg 2, 12.17-20 ; Ps 53 (54), 3-4, 5, 6.8 ; Jc 3, 16 – 4, 3 ; Mc 9, 30-37

Merci à l'auteur de cette image

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Articles récents