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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


21ème dimanche du temps ordinaire – Une parole trop rude ? …

Publié par Olivier de Framond, compagnon jésuite sur 21 Août 2021, 11:20am

Catégories : #2017_framond

« Cette parole est rude ! » Et c’est vrai, cette parole sur le pain de vie, un pain descendu du ciel, déjà là avant les temps, une chair donnée à manger pour la vie éternelle, ce n’est pas des plus limpides. J’avoue que je peine souvent sur ce passage de Jean … On ne peut pas dire que Jésus soit un bon commerçant, il fait fuir les disciples. Beaucoup s’en retournent chez eux, ça suffit comme ça, sa parole n’est pas pour eux. Alors « voulez-vous partir vous aussi ? », peut nous adresser le Christ. Et peut-être répondrons-nous comme le peuple et Josué : « plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur ». De fait, le peuple souvent l’abandonnera. Ceci dit qu’est-ce qui est rude et scandalise les disciples ? C’est plus hermétique que scandalisant, je trouve. « Manger ma chair, donnée pour la vie du monde » : comment entendre ?

Il semble que croire, manger sa chair, et suivre Jésus jusqu’au bout, ce soit une seule et même attitude. Peut-être que manger sa chair, c’est accueillir ce qui reste de lui quand il a tout donné, que disparaît son corps, le Jésus qu’ont vu les disciples. L’Esprit, ses paroles, c’est ce qui reste quand la chair a disparu. Alors, en suivant le Christ, je ne cherche plus un « signe », je ne m’attache plus à l’ami qui faisait le bien, l’ami avec qui je me sentais bien. Je cherche l’Esprit, la Parole, qui viendra en le suivant pas à pas, même si ça peut être rude de le suivre. Le disciple consent à se détacher des « signes » qui le comblent et le rassurent, pour seulement répondre avec Pierre : « à qui irions-nous ? tu as les paroles de la vie ».

Manger sa chair, c’est consentir à voir disparaître Celui à qui je m’attachais pour seulement goûter la gloire du Seigneur, en le suivant. C’est peut-être le seul moyen de connaître la consolation du Ressuscité qui donne de devenir disciple et serviteur. Paul dans sa lettre pas toujours bien perçue dans l’analogie entre Christ avec l’Eglise et l’homme avec la femme, voulait sans doute dire que l’homme est appelé à se faire serviteur de sa femme !

Olivier de Framond, compagnon jésuite

Jos 24, 1-2a.15-17.18b ; Ps 33 (34), 2-3, 16-17, 20-21, 22-23 ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69

Merci à vous, Hozana, pour cette image

 

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