C’est ainsi que nous pourrons vivre cet appel à la sainteté qui nous est fait chaque jour depuis le jour de notre baptême. Cet appel consiste à marcher vers la perfection de l’Évangile. Elle ne consiste pas à être sans aspérité, sans reproche, sans désir… C’est avoir au cœur le désir de ressembler au Christ doux et humble mais exigeant. Pour cela, il est important de fréquenter le Christ pour mieux le connaître. Il est difficile de marcher à la suite de quelqu’un dont nous ne savons rien.
Suivre le Christ, c’est chercher à faire resplendir son visage au cœur du monde, au cœur du temps. Ce n’est pas une idole, une star que nous cherchons à suivre sur les réseaux sociaux. Le Christ n’est pas à la mode. D’ailleurs, son message est tellement disruptif qu’il nécessite un réel engagement de toute notre personne.
Nous ne pouvons pas suivre le Christ sans nous remettre chaque jour devant sa croix et nous demander, à la suite d’Ignace de Loyola, « ce que j’ai fait pour le Christ, ce que je fais pour le Christ, ce que je dois faire pour le Christ » (Exercices spirituels, n° 53). C’est au travers de cette relation privilégiée avec le Christ que nous pourrons envisager notre vocation baptismale. C’est elle qui nous fait entrer dans l’appel à la sainteté qui nous est rappelé en ce dimanche de la Toussaint.
Cet appel est une béatitude dans laquelle le Seigneur veut nous conduire pour que nous soyons les uns et les autres dans une mutuelle sollicitude. Cela va plus loin que juste le fait de se supporter mutuellement, ce qui est déjà beaucoup. Il s’agit de s’entre-porter au bien, comme le disait François de Sales, se laisser entraîner au nom de l’amour du Christ. C’est ainsi que nous pourrons devenir « saints » dans une relation saine avec les autres. La perversité dans nos relations, dans notre rapport aux autres, porte atteinte à la dignité et à la sainteté du corps du Christ et de son Église. Ce n’est pas avec de la rancœur et de la rivalité que nous réussirons à établir en ce monde et en ce temps la civilisation de l’amour.
Il est donc important de nous laisser entraîner par la charité du Christ dans tout ce que nous vivons. Pour y parvenir, nous avons besoin du don de l’Esprit qui vient élargir l’espace de notre tente et nous convier à entrer dans une dynamique de conversion toujours plus intense.
Nous n’avons jamais fini d’entendre cet appel à laisser la tendresse du Christ faire sa demeure en nous. C’est là une des sources pour entrer vers une plus grande disponibilité apostolique et diffuser dans et par toute notre vie la sainteté de Dieu. Plus nous vivrons de la force de Dieu, plus nous mettrons d’abord notre confiance en lui, plus nous pourrons entrer dans la joie de l’Évangile.
Alors, en cette fête des « heureux » et des « heureuses », de ceux et celles qui nous ont précédés sur le chemin de l’Évangile avec un réel désir de suivre le Christ de plus près, louons et bénissons le Seigneur. À leur suite, nous parviendrons alors « à la sainteté dans la plénitude de l’amour et passerons de la table des pèlerins au banquet de la patrie du ciel. »
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau Cor Unum
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