Mais c’est parfois difficile de rester disponible pour accueillir et transmettre la parole et ainsi être les serviteurs de Dieu. Tant de sollicitations nous sont faites, tant de choses nous retiennent captifs et nous empêchent d’être pleinement disponibles aux appels du Seigneur. Nous avons pourtant ce désir qui sommeille en nos cœurs. Mais, nous, nous résistons à ce désir, nous demeurons sur le port à regarder les bateaux au lieu de naviguer.
Qu’attendons-nous pour répondre à l’invitation du Seigneur ? Un signe ? Un miracle ? Que le Seigneur déchire les cieux et vienne nous prendre par la main ? Hélas, l’Évangile vient nous révéler toute cette action de Dieu et nous continuons pourtant à ne pas vouloir rentrer nous habiller le cœur dans la salle des noces ou, pire encore, à ne pas répondre à l’invitation de Dieu à participer à ces noces.
Sommes-nous des imposteurs de l’amour de Dieu
Pourquoi sommes-nous si lents à croire, si résistants au bonheur ? C’est sans doute une question de foi, non pas en Dieu mais en nous. Nous ne nous pensons pas capables de mériter une telle joie. Pourtant, la promesse de Dieu demeure. Ne restons pas sur nos infidélités, nos imperfections, nos péchés. Ce sont des excuses qui nous empêchent d’entendre l’appel du Seigneur à célébrer, avec Lui, les noces de la joie.
Si nous mettons notre confiance en Dieu, si nous nous apprêtons le cœur dans cette invitation qu’il nous fait à rejoindre son peuple, alors nous ne manquerons de rien. Cela ne signifie pas que nous deviendrons rentiers jusqu’à la fin de nos jours. Mais que le Seigneur nous soutiendra par sa grâce et son Esprit pour travailler à sa vigne et créer avec Lui le vin des noces de l’Agneau. C’est ainsi que nous deviendrons attentifs à faire le bien, comme nous y invite la prière d’ouverture de ce dimanche.
Il est de notre responsabilité d’œuvrer dans ce monde, au nom du Seigneur, pour qu’adviennent la justice et la paix. Pour cela, engageons-nous pleinement dans le service de nos frères et sœurs. Ne craignons pas de mettre les mains dans la pâte pour faire du monde une vivante offrande à la louange de sa gloire. La force de Dieu est avec nous, et c’est dans la rencontre aux carrefours du monde que nous découvrirons les signes des temps.
Puisons dans notre cœur la force et l’espérance que le Seigneur nous a confiées à notre baptême. Ainsi, nous entendrons ce que l’Esprit nous donne, nous pourrons devenir, pour nos frères et sœurs en humanité, des relais de la grâce de Dieu. Ne craignons donc pas ses appels, ne nous laissons pas entraîner par des prophètes de malheur qui nous invitent à la désespérance. Cherchons et cultivons l’audace évangélique pour proposer à nos contemporains des havres de paix, d’espérance et de charité.
Ainsi, nous pourrons, nous aussi, à notre tour, inviter largement nos frères et sœurs aux noces de l’Agneau. Nous avons revêtu le Christ lors de notre baptême, ne laissons pas cette robe nuptiale au vestiaire. Allons contre vents et marées à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité pour leur proposer un chemin de rencontre avec le Christ.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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