Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 22, 1-10 être démuni mais disponible pour pouvoir recevoir l’invitation…

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 11 Octobre 2026, 13:05pm

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux pharisiens, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.’ Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.’ Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.

tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.

tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.

La Parole de Dieu, la laisser nous guider. Oui, toujours ! Elle est chemin de vie pour nous. Mais alors, comment concrètement ? Ignace répond : En nous laissant affectés par elle. Ok, mais comment ? En prenant, par exemple, la place de l’un ou de l’autre des personnages de la scène évangélique. Et puis à partir de ce que j’ai pu demander au début de la prière, de ce que j’ai découvert dans le récit biblique en y demeurant, je m’adresse au Seigneur, à la fin. Ma vie avance, par-là, sur le chemin du Seigneur.

Si nous faisons ainsi, avec ce passage de l’évangile, nous découvrirons très certainement que bien souvent nous sommes sans cesse préoccupés, pour l’un par ses « champs », pour l’autre par son « commerce » et pour un troisième par autre chose encore. Préoccupé, c’est-à-dire « occupé avant », avant ce qui arrive et donc en ayant du mal à répondre, que notre préoccupation soit tournée vers le passé ou vers l’avenir d’ailleurs (par regret ou par inquiétude). Je n’arrive pas à être disponible à ce qui surgit, à la rencontre et à m’en laisser nourrir consciemment…

Alors comment trouver un moyen de pouvoir avancer ? Je puis chercher à ressembler à des gens disponibles, à m’inspirer d’eaux… la mendiante sur la passerelle Paul Couturier quand je vais dire la messe chez les religieuses du Cénacle, elle est là, sans rien faire, disponible a priori, mais si je noue relation avec elle, je constate qu’elle aussi, elle est préoccupée… Alors comment faire ? Chercher en soi…

Une piste : repérer dans ma journée des moments où je me trouve être disponible, vraiment disponible. A mon avis il y en a deux : quand je me lève et quand je me couche. Sinon je suis pris par un réseau d’obligations, de sollicitations. La deuxième disponibilité est toutefois sans débouché. Je deviens disponible de ma préoccupation quotidienne parce que je m’endors et je ne puis que laisser cette disponibilité produire son effet bénéfique pour moi : dormir sans vouloir en faire quelque chose de plus.

Revenons donc au premier moment de ma disponibilité : le réveil. Je suis là, sans avoir tous mes esprits. Je ne suis pas encore dans ma « to do list ». Un temps très précieux se vit, où je flotte, où je puis recevoir, à l’état brut, mon existence, percevoir la vie qui m’est donnée, sentir qu’elle est bonne pour moi et avoir le désir de l’offrir en retour à Celui qui me la donne.

Cette attitude a toujours existé dans la tradition chrétienne mais elle a pris une singulière vigueur au milieu du XIX siècle, au début de l’industrialisation de notre pays, dans un scolasticat jésuite non loin de Lyon : à Vals près du Puy. En quelques années s’établira un réseau de plusieurs millions de personnes de par le monde, qui prendront l’habitude d’offrir leur journée chaque matin parmi elle : la jeune Thérèse de Lisieux et la future mère Teresa... Dans la pauvreté du jour naissant, ces personnes sentent que, bien au-delà de leurs actions, elles reçoivent d’abord une vie et sentent qu’elle les invite, en étant reçue et offerte, au festin de la rencontre, de l’amour dans toutes les situations de la journée qu’elles soient d’ailleurs ou joyeuses ou douloureuses… Par cette offrande leurs journées deviennent disponibilités à vivre avec le Père, invitation au festin du Fils, écoute concrète de l’Esprit. Par cette offrande matinale, ils ont pu être aux « croisées des chemins » et répondre à l’invitation inopinée de la noce. Nous aussi nous le pouvons aujourd’hui…

 

Voilà la prière qui est dite aujourd’hui :

« Père très bon, Je sais que tu es toujours avec moi.

Me voici, en ce jour nouveau.

Mets mon cœur, une fois encore, auprès du cœur de ton Fils Jésus

qui s’offre pour moi et qui vient à moi dans l’Eucharistie.

Que ton Esprit Saint fasse de moi son ami et apôtre, disponible à sa mission de compassion.

Je mets en tes mains mes joies et mes souffrances,

en communion avec mes frères et sœurs du réseau mondial de prière

Avec Marie, je t’offre cette journée pour la mission de l’Eglise

et pour les intentions de prière du Pape de ce mois. Amen. »

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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