Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 11, 42-46 prendre notre vrai chemin de vie, celui de la liberté qui se construit

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 14 Octobre 2026, 04:49am

En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu. Ceci, il fallait l’observer, sans abandonner cela. Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques. Quel malheur pour vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. » Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit : « Maître, en parlant ainsi, c’est nous aussi que tu insultes. » Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. »

Agir par soi-même, librement et non sous la contrainte extérieure…

Agir par soi-même, librement et non sous la contrainte extérieure…

En interpellant ses contemporains dans l'Évangile de Luc, Jésus dénonce avec force le piège de la superficialité. Par quatre fois, son cri « Quel malheur » avertit contre une vie prisonnière du regard d'autrui et des obligations extérieures. Il reproche aux pharisiens d'inverser les priorités en se focalisant sur des détails légalistes — comme la dîme sur les petites herbes — tout en oubliant la justice et l’amour de Dieu. Jésus fustige leur quête de reconnaissance dans les synagogues et sur les places publiques, troquant la vérité de l'être contre le prestige social. En les comparant à des tombeaux invisibles, il révèle leur absence totale de vie intérieure. Enfin, face à un docteur de la Loi, il dévoile l'hypocrisie de ces guides qui chargent les épaules d'autrui de fardeaux impossibles à porter sans jamais s'impliquer eux-mêmes.

Toutes ces personnes passent à côté de leur propre existence en ratant leur cible. Leurs actions ne jaillissent pas d'une source authentique, mais d'un besoin de paraître. À l'image de marionnettes, elles s'agitent sous le contrôle de pressions sociales et de lois rigides, sans mener le combat intérieur pour agir depuis leur cœur. Contre cette existence téléguidée du dehors, l'Évangile nous appelle à redécouvrir que nous n’existons vraiment qu’en agissant à partir de notre liberté profonde. L’apôtre Paul, au chapitre 5 de l’Épître aux Galates, éclaire cette trajectoire : « c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés, alors tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage ».

La libération apportée par Jésus est une invitation concrète à déployer notre vie à partir de cette liberté retrouvée. Notre devoir est de creuser cette liberté en nous mettant à l’écoute de notre cœur, là où le Seigneur demeure pour faire de nous de véritables fils et filles de Dieu. Nous marchons ainsi à la suite du Christ, dont la prière eucharistique rappelle la liberté spirituelle absolue « « au moment d'entrer librement dans sa passion. Notre vrai chemin de vie consiste à couper résolument les fils des contraintes extérieures, du légalisme ou de la peur, afin d'agir pleinement depuis notre for intérieur et de laisser cet espace de liberté et d’amour divin s'exprimer sans entrave.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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