En ce temps-là, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Ma maman chantonnait souvent cet air qui nous vient de Job : « je sais que mon Sauveur est vivant, le jour viendra où je verrai Dieu, mon rédempteur ». Dieu est au-delà de toutes nos images. Au-delà de toutes nos compréhensions et incompréhensions. Au-delà de toutes les apparences, épreuves, souffrances, défigurations … Cela tombe plutôt bien en ce jour où nous honorons la petite Thérèse de Lisieux. L’a-t-elle chanté ? Pas sûr, surtout que le chant est sans doute postérieur à elle ! Elle a eu de quoi vivre cette parole du Livre de Job. Et Dieu l’a visitée, dans cette famille particulière qu’Il a habitée de son amour. Il a vu en elle cette moisson abondante qui faisait sortir son Bien-Aimé. Mieux, Il l’invitait à envoyer ses amis sortir vers les malades et les maisons et les villes. « Le règne de Dieu est tout proche » !
Les malades sont la moisson en germes. Ils sont seulement en panne d’aimer. Et nous en sommes. Ils sont tous ceux et celles dont le coeur est loin de Dieu, qui ne reçoivent pas encore le Dieu que Job découvre, un Dieu dont toutes les images s’effondrent, que le Bien-Aimé nous révèle. Il nous faut quitter bien des certitudes. La seule vérité à tenir jusqu’au bout, c’est de persévérer quand je pourrais vouloir laisser tomber ma foi en Dieu et en la vie, telle qu’elle s’offre. Tenir sur la route qui recherche et accueille la « PAIX », annoncée à toute maison qui en veut bien. Les malades, ce sont en nous et autour de nous, toutes ces personnes, et nos églises aussi, qui peinent à tenir et à marcher sur cette route, à la suite du Fils qui est Chemin, Vie, Vérité. Par exemple, la visite du pape Léon a déclenché bien des échos. La plupart sont enthousiastes. Mais quelques-uns sont mitigés, d’amis qui attendaient plus sur l’accueil des migrants ou l’appel à agir pour la survie de la planète. Il y a l’Église visible, que j’entends. Et l’Église invisible, qui tâtonne, qui a faim, qui a soif. Le Christ nous appelle à tenir sur le chemin de sa Moisson. Il nous dit : « debout, prenez votre grabat, marchez ». Marcher, à sa suite, aujourd’hui, demain, même si notre cadre s’effondre.
Olivier de Framond compagnon jésuite
/image%2F0931903%2F20261001%2Fob_7b3ae1_jesus-dans-les-bles.jpg)
