Contempler le Seigneur
C’est vers le Seigneur que doit converger notre regard. Notre vie doit tendre à chercher Jésus, à mieux l’aimer pour mieux le suivre. Ce sont là les recommandations de l’apôtre Paul dans la deuxième lecture. Il nous exhorte à chercher la ressemblance avec le Christ. Jésus, Fils de Dieu, s’est mis au service de la mission de son Père pour apporter la paix des cœurs et la joie sereine.
L’incarnation du Christ, cœur du désir de la Trinité d’annoncer l’amour de Dieu, s’est passée d’une manière difficile. Cela nous montre combien est difficile le chemin qui conduit à la dépossession de notre propre volonté, de notre quête de toute-puissance, comme nous le montre Jésus. Il n’a pas cherché à plaire aux puissants ni aux religieux de son temps. Il marchait pour former des disciples capables d’oser porter une parole de vérité et de liberté au nom de Jésus.
C’est bien ce nom de Jésus que nous sommes invités à invoquer pour que notre foi ne soit pas une mondanité. Nous avons vraiment à nous enraciner dans son amour pour cultiver l’espérance qui nous manque tant. C’est elle qui nous donnera l’audace de continuer avec Jésus sur les routes de nos frères et sœurs. Il ne s’agit pas de les convertir, de les attirer dans nos églises, mouvements, communautés. C’est leur montrer la route d’un plus grand amour qui fait de nous des hommes, des femmes qui marchent vers la liberté. Cette dernière n’est pas la permissivité, mais notre capacité à entrer dans un dynamisme intérieur de respect pour ce que l’autre est pleinement.
Respectons la vigne du Seigneur
« N’oublions pas que le respect mutuel et la protection de la vie de toute personne humaine est une responsabilité de chacun et de tous, qui commence par une conversion de l’intelligence et du cœur, et qui nécessite un engagement réel et désintéressé envers nos frères et sœurs », vient de nous dire le pape Léon dans son discours au palais de l’Élysée. Si nous suivons le Christ de tout notre cœur, de toute notre volonté, nous serons alors plus enclins à nous intéresser à ce que l’autre est. Aidés de la force de l’Esprit, nous découvrirons ainsi en lui le visage du Christ.
Mais il nous faut pour cela de l’humilité et, en même temps, de l’endurance, car nous sommes lents à découvrir la force de l’amour de Dieu pour notre monde et chacun et chacune d’entre nous. Cette découverte fondamentale est un chemin de conversion. Il nous faut oublier notre orgueil, notre suffisance, toutes nos volontés de puissance, pour entrer dans un chemin de contemplation de l’agir de Dieu en notre monde. C’est aussi entendre l’invitation de Dieu à nous associer à son œuvre créatrice. Avec lui, nous avons à trouver des ressources intérieures, des femmes et des hommes qui ne se résignent pas, qui ne baissent pas les bras et choisissent de prendre la route avec Jésus.
Alors, demandons la grâce que, dans notre prière, nous trouvions des pistes d’action concrètes pour transformer ce monde. Ne nous laissons pas freiner par la fragilité de notre humanité. Puisse notre prière d’intercession faire que nous soyons davantage fidèles aux promesses de notre baptême pour avoir en nous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus (Ph 2, 5).
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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