En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
A y bien regarder, c’est au début de la séquence évangélique que tout se joue pour les dix vierges. Le reste, le vécu qui suivra sera identique pour elles toutes (déplacement, endormissement, réveil…). Si ce n’est qu’à l’apparition de l’époux, certaines seront disponibles et d’autre pas, certaines entreront dans la promesse et d’autres demeureront à l’extérieur… La question pour nous alors devient : Comment éveiller en soi la disponibilité au surgissement de l’Autre ?
Et bien, faire attention, le matin, à éveiller, a priori, l’intégralité de son être… Si nous prenons le temps du recul, nous constaterons que, bien souvent, nous nous mettons en mode conscience, en mode action par rapport à ce que nous avons à faire, ou bien nous nous laissons simplement distraire (outils informatiques ou autres). Mais de fait nous ne serons pas vraiment présents à la profondeur de notre existence, vivant, en fait, comme en apnée.
Prenons-nous le temps de recevoir ce mystère de la vie en nous ? de considérer le jour naissant comme un don qui nous précède ? comme l’occasion de la rencontre, de l’approfondissement de la rencontre avec Celui qui nous crée…
Nous disposons nous à nous dire que tout ce qui va advenir au cours du jour sera potentiellement le lieu d’une rencontre, d’un approfondissement parce que j’irai à l’inconnu, non pas habité par mes préoccupations, mes distractions mais par mon ouverture a priori et pleine d’amour au Seigneur ?
Si je prends le temps d’éveiller en moi la partie profonde de mon être, celle qui vit d’être en relation de profondeur à profondeur, de cœur à cœur, avec le Seigneur, celle qui bien souvent de manière inconsciente, reçoit le Seigneur, sa présence, sa promesse, son appel, sa mission… Si je vis de cette manière, change radicalement ma manière d’être, de recevoir, d’exister… cela me donne de percevoir, au détour d’une situation, la présence discrète mais agissante, bienveillante du Seigneur. Cela me donne de vivre la rencontre, d’être disponible à sa mission…
Eveillons, en chacun de nous, la vierge sage qui ouvre son cœur pour être disponible parce qu’éveillée… disons simplement…
« Père très bon, je sais que tu es toujours avec moi.
Me voici, en ce jour nouveau.
Mets mon cœur, une fois encore, auprès du cœur de ton Fils Jésus qui s'offre pour moi et qui vient à moi dans l'Eucharistie.
Que ton Esprit Saint fasse de moi son ami et apôtre, disponible à sa mission de compassion.
Je mets en tes mains mes joies et mes souffrances, tout ce que j'ai et possède, en communion avec mes frères et sœurs de ce réseau mondial de prière.
Avec Marie, je t'offre cette journée pour la mission de l'Église et pour les intentions de prière du Pape de ce mois. Amen. »
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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