En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qui est le plus important dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste. Guides aveugles ! Vous filtrez le moucheron, et vous avalez le chameau ! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette, mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance ! Pharisien aveugle, purifie d’abord l’intérieur de la coupe, afin que l’extérieur aussi devienne pur. »
Le plus important dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Tout est appelé à se tenir ensemble, se renforcer l’un l’autre.
Notre première manière de comprendre ou d’agir part de l’intérieur de soi ou de l’extérieur de soi, du général (un système de valeurs) ou du particulier de la situation. Mais nous la savons bien, ce n’est qu’un commencement et nous devons aller vers l’autre pôle pour trouver la bonne attitude qui concilie intérieur et extérieur, général et particulier, valeurs et situation.
Dans sa réponse, le Seigneur privilégie l’intérieur, le général. Il demande que nous ne négligions par le plus important dans la loi. Pour cela il met en avant la justice, la miséricorde et la fidélité. Ces trois dispositions sont celles qui permettent que nous respections la loi en profondeur et donc d’une manière concrète. Elles sont chemin d’effectivité. Comment pouvons-nous nous les approprier ? Il est peut-être alors aidant pour prendre en compte ces trois dispositions de les rapprocher de notre triple vocation de roi, de prêtre et de prophète. S’opère ainsi une unification de notre personne.
Le roi est celui qui part son énergie propre met de l’ordre dans la situation, le prêtre est celui qui reçoit sa vie de Dieu, la goûte puis la retourne à Dieu. Le prophète est celui qui donne une parole à l’autre homme pour aider la liberté de celui-ci à aller vers Dieu. Alors la justice est pour le Roi. Il est chargé de rendre la justice, de gouverner avec équité et de défendre les plus faibles dans la situation. La miséricorde est pour le Prêtre. Il est lié au pardon, au sacrifice et à la réconciliation entre Dieu et les hommes. Son attachement pur à Dieu le rend capable d’un amour profond envers les autres hommes. Dieu étant son Père, les autres humains deviennent ses frères et sœurs. La fidélité, quant à elle est la marque du Prophète. Sa parole d’aide au frère pour que celui avance sur le chemin vers Dieu demande que lui soit d’abord et avant tout fidèle à Dieu parlant à son frère à partir de sa relation juste à Dieu. L’attitude oriente notre triple manière d’être.
Un pas de plus encore. Ces trois dimensions si elles ne sont pas à séparer mais à tenir ensemble : la justice oriente l’action, la miséricorde façonne la relation à autrui dans le fondement de la relation à Dieu, et la fidélité enracine le témoignage de la personne dans la relation avec Dieu. Nous avons encore à découvrir qu’elles nous configurent au mystère du Christ. Mettre en œuvre justice, miséricorde et fidélité ouvrent alors des chemins concrets par lesquels nous participons à la vie même du Christ et nous laissons transparaître le mystère de Dieu dans le monde.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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