Un temps pour relire et discerner
Il nous faut donc prendre le temps de faire l’effort de discerner, de relire nos vies à la lumière de cette promesse de vie. Combien de fois nous concentrons-nous sur ce qui ne va pas, sur ce qui nous attriste, nous est douloureux ? Dans ces lieux où la souffrance est légitime, nous pouvons aussi demander la grâce d’une plus grande communion avec Dieu. Nous y découvrirons aussi des petites ou grandes joies, des lumières pour notre vie temporelle et spirituelle qui nous feront entrer dans cette vie que le Seigneur nous promet.
Célébrer le corps et le sang du Christ, c’est aussi entrer dans la force de Dieu, pain de route de notre fragile humanité. Avec lui, nous pourrons lutter contre tout ce qui nous entrave, tout ce qu’utilise l’Ennemi de la nature humaine pour nous détourner de notre vocation baptismale : aimer notre prochain, comme Dieu nous aime.
Pour accomplir pleinement cette vocation, nous avons besoin du soutien de la grâce de Dieu et d’être capables de le chercher et de le trouver en toutes choses. Aussi, n’oublions pas de nourrir notre foi, de confronter notre expérience au feu de la Parole. Elle est aussi notre pain quotidien, elle nous donne accès au visage même de Dieu qui se révèle en Paroles et en Actes dans l’Écriture. Nous pouvons aussi y contempler l’agir même du Fils de Dieu cheminant avec les femmes et les hommes de ce temps.
Contempler le Seigneur
Dans cette contemplation, nous trouverons sans nul doute l’inspiration, le dynamisme, l’enthousiasme qui nous sont utiles pour poursuivre la mission que l’Éternel Seigneur de toutes choses nous a confiée.
Pourquoi ne pas chercher à ressembler chaque jour davantage au Christ et à partager aux femmes et aux hommes de ce temps sa mission ? Pour cela, n’aspirons pas à faire de grandes choses, à rechercher le merveilleux comme pour mieux briller aux yeux de nos contemporains. C’est dans le quotidien, dans l’ordinaire de nos vies, dans ce compagnonnage au fil des jours que nous pouvons à la fois découvrir et révéler la force de l’Amour de Dieu.
Ainsi, dans cette communion au corps et au sang du Christ, dans la fréquentation de sa Parole qui parcourt nos vies tel le sang parcourt nos veines, nous deviendrons davantage des familiers du Seigneur, appelés à devenir ces disciples-missionnaires. Pour autant, cela demande que nous nous laissions travailler par l’Esprit Saint. C’est lui qui nous conduira vers le chemin du plus grand amour, vers ces terres encore inconnues de nous aujourd’hui, pour y vivre, par et dans ce que nous sommes, l’Eucharistie de toute l’Église.
Alors, en ce jour où nous célébrons la solennité du corps et du sang du Christ, demandons au Seigneur la grâce de pouvoir devenir, par lui, avec lui et en lui, nourriture pour nos frères et sœurs en humanité.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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