Ce dimanche, nous célébrons la fête du corps et du sang du Christ, la fête du saint sacrement. Qu’est-ce que cela peut bien signifier, alors que l’Eucharistie, pain et vin consacrés, deviennent, à chaque célébration, le corps et le sang du Christ pour la vie du monde ?
Corps et sang du Christ : action de grâce quotidienne
Il est important, en effet, de prendre le temps de s’arrêter sur le sens de ce mot « Eucharistie ». Il signifie « action de grâce ». Ainsi, célébrer le corps et le sang du Christ, c’est d’abord rendre grâce, manifester de la reconnaissance au Seigneur. C’est-à-dire reconnaître que son alliance, qui nous fait devenir enfants d’un même Père, est bienfaisante pour nous. Elle l’est parce que, par le don de sa vie, Jésus nous fait rejoindre la vie même de Dieu, ce dynamisme qui nous donne de réaliser toutes choses nouvelles en Jésus.
L’Eucharistie nous propose justement de nous replonger chaque jour davantage dans cette grâce de l’Amour de Dieu. C’est cela aussi le pain de vie que le Seigneur nous propose lorsque nous communions à son corps et à son sang. Ils sont le dynamisme vital qui nous est nécessaire pour partir sur les routes du monde à la rencontre des femmes et des hommes de notre temps.
Cette mission qui nous est confiée ne consiste pas à « évangéliser » par la force, par la contrainte. Elle est l’urgence d’un témoignage qui nous donne de manifester à ceux que nous rencontrons la tendresse de Dieu. Il vient à notre rencontre, dans l’inattendu de nos jours, pour nous entraîner à risquer notre « oui » à sa suite. Ainsi, l’Amour de Dieu pourra rencontrer tant de personnes qui désirent faire l’expérience d’un amour qui dépasse toutes choses.
Corps et sang du Christ : découvrir la vie même de Dieu
Fêter le corps et le sang du Christ, c’est aussi être invité à s’approcher des sentiments mêmes de Dieu. Lorsque nous communions, que nous recevons le pain de vie, fruit de la terre et du travail des hommes, Dieu vient transformer nos vies en sa vie pour que nous soyons ses témoins au cœur du monde.
Devant un tel fol amour, il ne nous est pas possible d’exprimer autre chose que de la reconnaissance. Souvenons-nous que le Christ est « comme notre frère dans notre chair, comme prix de notre salut sur la croix, et comme viatique et compagnon de notre pèlerinage dans l’Eucharistie » (Ignace de Loyola, lettre aux Pères et Frères de Coïmbre, 7 mai 1547).
Ainsi, dans ce chemin qui nous conduit à choisir le plus grand amour, nous ne sommes pas seuls. Au cœur même de notre communion, Jésus vient nous soutenir, nous conduire à le suivre du plus près possible. C’est donc dans un cercle vertueux que nous nous situons lorsque nous communions. Dans l’invitation que Dieu nous fait de communier à sa vie, nous sommes conduits à nous laisser saisir par le Christ pour l’inviter et le laisser s’approcher de notre fragilité. Ainsi, nous pouvons découvrir que le souci de Dieu est d’être en conversation avec les hommes, de s’approcher de nous, d’entrer en dialogue avec nous.
Notre foi n’est donc pas en un Dieu solidaire, au milieu des nuées, mais en un Dieu qui s’engage à nos côtés, jusqu’au bout, comme nous le montre le sacrifice de la croix. Dieu nous rejoint jusque dans la mort même et au cœur de toutes ces petites morts quotidiennes pour nous conduire vers cette vie en abondance promise.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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