En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.
Nous sommes revenus au temps liturgique ordinaire. Alors laissons-nous toucher par l’épaisseur du passage évangélique pour recevoir d’approfondir notre relation avec le Seigneur. Ceci veut dire Le mieux connaître, percevoir aussi ce qui peut changer en nous pour nous disposer à mieux Le connaître pour mieux L’aimer, pour collaborer davantage à son projet d’amour pour toute l’humanité.
Le récit est marqué par une progression pour Bartimée. Une situation, un cri de sa chair blessée, un appel, une rencontre, une transformation et, de là, une suite qui s’opère. C’est le chemin de Bartimée, c’est à vrai dire le chemin de tous ceux qui, un jour, se sont mis à suivre le Christ. Nous sommes en recherche, perdus. Nous osons dire notre souffrance. Nous nous tournons vers un autre pour le lui dire. Nous désirons une rencontre, une aide. Et soudain, d’une manière inattendue, la réponse vient. Une rencontre s’opère, une rencontre qui produit en soi une grande joie, un surcroît d’énergie durable. Et nait en nous le désire de poursuivre. A ce moment, notre volonté est devenue calme déterminée profonde.
Certes nous ne savons pas ce qu’est devenu Bartimée dans la suite qu’il a entrepris du Seigneur. Mais pour nous-même nous avons peut-être à découvrir vers quoi nous conduit la suite du Seigneur que nous avons peut-être entreprise. A vrai dire ce chemin en pleine liberté va nous donner d’approfondir notre relation avec Lui. Au-delà de l’attitude de serviteur, nous sommes appelés à devenir ami du Seigneur. L’amitié est une relation de liberté. Jésus nous propose de devenir ses amis et, nous, nous décidons de devenir son ami. La relation s’approfondit non pas par le fait de travailler ensemble mais par le fait de se connaître l’un l’autre. Et là, nous pouvons entrer dans le cœur à cœur avec Lui. Le cœur à cœur est ce qui donne à chacun de pouvoir se laisser connaitre par l’autre. Mystérieusement, le Seigneur nous introduit sur ce qui compte pour Lui : la relation avec son Père. Connaître l’intime de l’autre en sachant ce qui compte pour lui nous donne de pouvoir accepter de le suivre non plus par ce qu’il nous donne mais par l’amour de lui qui nous prend.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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