Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 26, 14-25 Renoncer à sa propre fausseté pour vivre à nouveau

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 1 Avril 2026, 09:15am

A la mémoire de Jean-Bruno Durand

 

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” »

 Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.  Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! » 

Une liberté mal engagée (N) doit renoncer à elle pour se rouvrir (O) : un chemin à emprunter pour chacun de nous

Une liberté mal engagée (N) doit renoncer à elle pour se rouvrir (O) : un chemin à emprunter pour chacun de nous

« Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Judas, dans cette demande, se dissocie de la relation vivante avec son maître, celui qui l’a jusque-là appelé, conduit. En posant cette demande, Judas ramène Jésus à une chose pour faire avancer sa propre existence. En fait, Judas se vend lui-même dans l’échange de son maître contre de l’argent, lui attribuant une valeur « commune ». Cela fausse entièrement sa propre manière d’être. Judas blesse profondément la vie en lui.

Et depuis… Cette blessure ne cesse de le travailler. Judas ne peut survivre, en fait, que dans sa tentative répétée à accomplir ce qu’il a promis. Il ne reçoit plus en lui, la vie qui ne cesse, pourtant, de se donner. Judas ne cherche dans ce qui surgit qu’une opportunité pour remplir son plan, sa perception du monde s’en trouve réduite, elle lui devient enfermante… Il va à sa ruine.

« C’est toi-même qui l’as dit ! » Cette parole réveille paradoxalement la liberté de Judas. Cette parole l’appellera au-delà de sa trahison. Il peut se dissocier de son forfait. Mais la culpabilité l’assaille. Il trahira tout de même et se suicidera. Mais il aura renoncé auparavant à l’argent, il aura manifesté son regret. Il ne prendra pas pour autant l’humble chemin de sa reconstruction. Il ne lui aura pas été donné de croiser le regard miséricordieux de Jésus comme le fit Pierre.

Prenons conscience que toutes ces figures de l’Evangile sont là pour aider chacun de nous à trouver le vrai chemin de Vie : reconnaître son péché, recevoir la miséricorde, accepter de revivre en prenant appui sur la relation avec le Seigneur… demain l’offrande de Jésus pour son chemin de don, d’abandon et de pardon qui supportera tous nos autres chemins de conversion…

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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