Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Jn 7, 40-53 écouter son cœur pour cheminer vers la vraie Vie

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 20 Mars 2026, 07:22am

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Que le Seigneur nous fasse la grâce de l’écouter du plus profond de nous-même.

Que le Seigneur nous fasse la grâce de l’écouter du plus profond de nous-même.

« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les gardiens sont à l’écoute de leur propre cœur, cela leur donne de percevoir la profondeur de l’échange, au-delà de tout critère extérieur et a priori. Ils perçoivent la nouveauté du propos et sa radicalité. Une vraie nouveauté se dit : « jamais un homme n’a parlé de la sorte » et pourtant le propos est pleinement humain. Et, eux, ils peuvent le comprendre, étant au fond de leur cœur. Le niveau sacerdotal de leur être est actif. Celui que nous devons réveiller pour vivre pleinement les fêtes pascales qui approchent.

« Les pharisiens leur répliquèrent » Les pharisiens comprennent autrement, ils sont pleins d’a priori, de savoir. La réalité qui leur apparaît doit se plier à leur vision. Ils sont prêts à faire preuve de vision pour imposer ou maintenir leur manière de voir ; celle qui leur a donné de se construire, de rayonner. Ils ne sont pas au profond de leur être, ce profond qui donne de recevoir la nouveauté. Des rois qui s’enferment et passent à côté de la vie et qui veulent imposer cela à tous les autres.

« Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Nicodème est dans la vérité. Il la laisse venir à lui, le déplacer, la mettre en œuvre. Il laisse parler son cœur de prêtre, exerce son pouvoir royal en faisant pleinement partie de son groupe d’appartenance. Il est capable de parler en vérité pour réveiller la liberté de ses proches, comme le ferait un prophète. Il suscite la liberté des autres en les aidant à quitter leur enfermement et à trouver les moyens de s’ouvrir à nouveau.

Ces trois figures nous donnent avant l’entrée dans les jours saints de voir comment nous pouvons nous mobiliser pleinement. Laisser notre être profond être à l’écoute, laisser notre capacité d’initiative se modérer, proférer des propos aidant à reprendre la situation justement… Que tout cela nous donne de recevoir de manière plus profonde la bonne nouvelle adressée à chacun de nous par le Seigneur !

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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