En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
« Il » les a croisés, il a porté sur eux son regard et les a appelés. Ils l'ont suivi. Comme les catéchumènes et les baptisés. Au moins quelques-uns en tout cas. Ils ont vu "où il demeurait", ils ont touché sa manière d'agir, de parler. Ils en ont goûté "l'autorité" qui guérit et fait grandir, qui remet en chemin nos histoires et nos corps cabossés ou secoués. Et lui a éprouvé nos surdités, nos errances, nos cœurs loin de lui. Maintenant il envoie. "Il commença à les envoyer en mission 2 par 2". Ils ne vont pas reproduire ce qu'ils ont vu, mais un don leur est fait : avoir autorité sur les esprits impurs. Pas de baguette magique, non. Recevoir le don de Dieu, une fois disposé à celui-ci.
Hier "Il" m'a envoyé porter l'onction des malades en une maison. L'ami - je pourrais l'appeler Bartimée, fils de la crainte, est torturé par une dépression qui l'emprisonne dans des idées noires sur lui-même et sur sa vie. Hier il était presqu'éteint, à peine audible. L'hospitalité était là. Sa femme et une Franciscaine de leurs connaissances étaient là, offrant une peine d'un côté, épuisée à l'entendre se flageller, et une belle lumière, cette amie au visage aimant, d'un autre côté. "Partez sans rien d'autre qu'un bâton". Je comprends ceci. Guérir, c'est reconnaître le seul trésor qui soit : reconnaître l'autre, tout autre, et soi-même, comme une demeure du Don de Dieu, tels que nous sommes, toi, moi, nous. Et accueillir Dieu tel qu'Il est. Recevoir en moi, en toi, en tout autre, l'être véritable auquel Dieu l'appelle. Guérir accueille un Christ désarmé et nu comme à la Croix. Il n'a ni pain, ni sac, ni habit de rechange, ni monnaie. Il n'a plus que lui-même. C'est plus et autre qu'une seule technique médicale - utile et bonne -. Combien de fois je vais à l'autre, comme vers moi-même, avec un masque, une armure, tous ces "trop" qui freinent la rencontre, Seigneur ?! Tu nous as donné le Salut en te perdant pour nous. Et quelques-uns ont bien voulu guérir ...
Agathe, que nous honorons aujourd'hui, a puisé au trésor de Ta pauvreté. Rendons grâces.
Olivier de Framond compagnon jésuite
/image%2F0931903%2F20260204%2Fob_ebfda9_malade.jpg)
