En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’ Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Je suis touché par le Baptiste. Il remet ses disciples à Jésus. Il reconnaît en lui non pas le Messie, mais « l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’expression étonne. Il vient juste de le baptiser avec la foule des pécheurs en vue d’une conversion. Jésus s’est laissé baptiser. Jean reconnaît en lui l’agneau de Dieu, est-ce l’agneau d’Isaïe, le Serviteur souffrant, qui ramène Jacob, rassemble Israël, et étend le salut de Dieu jusqu’aux extrémités de la terre ? C’est Dieu qui s’offre et qui offre Dieu. Il enlève le péché du monde : il ôte le voile qui cachait Dieu et le révèle tel qu’Il est. Ce qui est fort, c’est qu’il reconnaît en lui … quelqu’un qu’il ne connaît pas ! « Je ne le connaissais pas ». C’est lui, c’est sûr, et en même temps, j’ai à le connaître, à le découvrir. Les deux !
Baptisés, nous avons peut-être d’abord à reconnaître que Celui que nous désirons suivre, nous ne le connaissons pas. Alors il pourra nous être donné d’accueillir le prochain, qui nous est donné, comme un frère, une sœur, que nous ne connaissons pas. Je peux m’habituer à eux. L’agneau de Dieu m’apprend à me défaire de mes habitudes. Je ne connaîtrai l’Autre que quand j’aurai laissé l’Enfant de Dieu se révéler et grandir en moi. C’est l’humilité du Baptiste. Nous voulons célébrer cette semaine l’Unité des chrétiens. Eh bien elle passe par quitter en moi tout ce qui me fait crier : « lui, elle, eux, c’est tous des enfoirés ! » - même si pour quelques-uns, je ne peux m’empêcher de penser que c’est un peu vrai ! -.
Voici donc notre travail : laisser l’agneau de Dieu grandir en nous. Alors nous serons enfants de Dieu. Et je dirai : « me voici, Seigneur, tu as ouvert mes oreilles, ta Parole me tient aux entrailles ». Les entrailles, c’est-ce qui compte pour moi plus que tout. J’ai à le nommer et peut-être à le convertir. Dimanche dernier, j’ai vu Margaux avec les Piok (en langage scout, c’est les « pionniers - caravelles ») ; ce qui comptait, c’était un esprit qui s’éveille, à la vie, à l’autre, au monde. Paul s’est laissé appeler et avec ses amis, il appelle les baptisés à rendre grâce et connaître ce qui donne la paix. Le nom des baptisés : c’est Celui que nous allons professer, le Père, le Fils, l’Esprit.
Olivier de Framond
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