En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? Un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »
« Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau. »
A ce moment de l’Avent, l’enjeu de nos vies se révèle : il s’agit d’accueillir le seigneur dans ses manifestations comme Jean Baptiste a été amené à le vivre. Jean ne sait plus. Il doit, maintenant, recevoir ce qui advient et laisser ces manifestations produire en lui ce qu’elles peuvent produire : la joie. Et, de là, prendre le chemin qui naît en son cœur, en recevant le joie.
Je n’avance plus à partir de moi, de mes convictions, de mon savoir, de mes objectifs, notamment de justice. Mais j’avance à partir de ce qui a du goût dans ce qui advient. Peu à peu, en faisant ainsi, j’entre en relation véritable avec le seigneur, en relation d’amitié. Je m’ouvre à la nouveauté. Les possibles explosent… je ne vis plus sur moi-même, je suis en dialogue. J’entre dans la volonté du seigneur sur moi.
Le pas de la troisième semaine est différent des précédents La bougie n’est plus rouge, elle devient rose. Je quitte l’attitude volontariste, je ne cherche plus la perfection de bien faire mais je m’ouvre à ce qui advient. Je me laisse conduire. J’entre en sainteté, en cette capacité à répondre à la situation. Je contribue ainsi à la Vie plus grande, je laisse la joie en moi me guider vers une joie toujours plus grande celle qui vit en Dieu, celle qui se répand dans toute l’humanité et toute la Création.
Je puis le redire « Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau. »
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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