Ce dimanche est celui de la joie. L'un des deux jours de l'année où les ornements liturgiques sont roses. Ce dimanche du Gaudete nous prépare à entrer plus amplement dans la joie de Noël. La promesse que nous fait le livre d'Isaïe nous donne comme un aperçu de cette joie. Mais, nous en sommes encore loin. Non pas en termes de date, mais de capacité d'accueil. Notre désir de nous laisser rejoindre par Dieu est sans doute là, mais le chemin qui nous reste à parcourir est encore long. Mais, c'est en fait peut-être le chemin qui est plus important que la destination.
Le temps de la conversion
Mais, nous le savons, cela demande du temps. Simplement parce que nous ne savons pas comment les fruits de ce que nous plantons, avec Dieu, émergeront, ni quelle est notre capacité à comprendre la proximité de Dieu dans nos vies. C'est ce que nous dit Paul dans la seconde lecture. Il nous invite à la patience.
Nous en manquons parfois dans nos vies, et la technologie qui nous entoure ne nous invite pas à la patience. Pourtant, il faut 9 mois pour qu'un enfant puisse venir au monde et combien de temps pour qu'il grandisse en sagesse et en intelligence. Ainsi, même si nous savons la date où nous fêterons Noël, nous ne savons pas comment Dieu vient en nous. Les fruits de la grâce nous sont inconnus mais nous les vivons en nous lorsque nous prenons le temps de relire nos vies. Il faut du temps pour faire un chef-d'œuvre, pour reconnaître, devant Dieu, « l'être étonnant que je suis » (psaume 138, 14).
Il est donc important, tout au long du chemin d'alliance, de conversion, de réconciliation d'avancer avec bienveillance envers nous-même et aussi envers les autres. Puisque nous savons que le chemin est long, ne confondons pas vitesse et précipitation. Laissons-nous vraiment rejoindre par le Seigneur qui vient à notre rencontre mais de manière inattendue, impromptue. Dieu vient toujours vers nous, mais nous ne sommes pas toujours disponibles pour l'accueillir. Il vient parfois – souvent même – dans cet inconnu, cet événement que nous vivons.
Il nous convient alors de prendre le temps du discernement, de laisser notre cœur en veille pour trouver Dieu en plein monde. Ce temps qui va – peut-être – à contre-temps de notre mode de vie est une source de joie. Cela nous permet de regarder le chemin parcouru, de prendre conscience de toutes ces petites choses que nous avons récoltées et qui nous ont façonnés. Ce chemin avec le Christ est un chemin de joie même si la tristesse, la douleur, les doutes sont présents. Tel le chemin que Jésus a pris lors de sa vie terrestre. La joie de servir l'Amour du Père, de le faire découvrir aux personnes avec lesquelles il cheminait était au cœur de sa mission.
Alors, laissons-nous saisir par la joie de Dieu. Elle est notre rempart. Même si la route que nous empruntons nous semble incertaine, Dieu saura nous y accompagner et nous faire cheminer dans et vers sa Paix.
Pierre-Baptiste Cordier-Simonneau
membre de la société de vie évangélique du Cœur de Jésus
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