Ce deuxième dimanche de l’Avent que nous célébrons nous place devant l’urgence de la conversion. La figure centrale de l’Évangile de ce dimanche est Jean-Baptiste. Nous connaissons bien la radicalité du cousin de Jésus. Ainsi, nous pouvons comprendre l’importance de préparer nos cœurs à la venue du Fils de Dieu. Dieu vient à notre rencontre, et il faut nous tenir prêts et disponibles. C’est le présupposé que tout chrétien doit avoir à l’esprit alors qu’il se prépare à Noël.
Comment ne pas être d’accord avec cela ? Mais comme il est difficile de se laisser envahir par l’Amour de Dieu alors que la vie continue avec son lot de contrariétés !
Quelle est le secret de la conversion ?
La conversion, c’est au milieu de ce que nous vivons, au cœur de notre réel. Là, nous pouvons témoigner de l’importance et de la justesse de l’Amour de Dieu. N’attendons pas demain pour entrer dans ce dynamisme. Les lendemains qui chantent n’existent pas, car c’est toujours l’aujourd’hui de Dieu.
Même si l’Église nous offre ce temps de préparation pour bien accueillir Noël, ce n’est pas pour procrastiner. Nous avons tous des listes de choses à faire, telles celles des enfants au Père Noël. Mais proclamer par nos vies l’Évangile en ce monde est ce qui doit orienter chaque jour qui passe. Soyons des Jean-Baptiste qui osent crier dans le désert l’urgence de Dieu. Qui sait ? Peut-être que se lèveront des femmes et des hommes désireux de vivre l’Amour de Dieu.
En cela, nous sommes des prophètes, des femmes et des hommes qui, par le baptême, portent la Parole de Dieu de manière singulière. Même si nous ne portons pas de vêtement de poils de chameau, une ceinture de cuir autour des reins, et que nous ne nous nourrissons pas de sauterelles et de miel sauvage, laissons jaillir en nos cœurs la radicalité du désir de Dieu. C’est cela aussi se convertir : être attentifs aux signes des temps qui jaillissent en notre monde.
Dieu est à l’œuvre en ce monde et en ce temps
Exerçons vraiment les yeux et les oreilles de notre cœur pour voir la présence de Dieu en ce monde et en ce temps. Nous serons surpris alors de constater qu’Il est déjà là, que depuis une certaine Nuit de Noël, Dieu, en Son Fils, habite notre histoire. Ainsi, Il veut, petit à petit, nous transformer, nous modeler comme l’argile dans les mains du potier (Jr 18, 6).
L’urgence de la conversion, c’est chercher la manière d’être ajusté au désir de Dieu pour ce monde. Il ne s’agit pas de devenir des clones de Jean-Baptiste ou d’autres saints ou saintes. Ce qui importe vraiment, c’est de porter au monde notre singularité, notre originalité, notre authenticité dans la recherche de l’Amour de Dieu pour ce monde. C’est ce que Paul appelle dans la seconde lecture « rendre gloire à Dieu ». C’est un appel, une invitation que chacune et chacun d’entre nous doit porter afin que l’Église se construise sur ce Peuple de Baptisés, heureux de cheminer ensemble dans et avec le Seigneur.
Pour cela, nous avons à rechercher la concorde entre nous. Ce n’est pas une unanimité de façade que nous devons montrer, mais être capables de surmonter nos désaccords pour aller vers l’essentiel. L’important, ce n’est pas d’avoir raison ou tort, mais de chercher comment nous annonçons le Christ, même dans nos différences. Il y a de la place pour tous dans l’Église, mais pas pour les divisions stériles qui ne construisent pas le corps du Christ.
Pierre-Baptiste Cordier-Simonneau
membre de la société de vie évangélique du Cœur de Jésus
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