Frères, aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants. Alors toi, pourquoi juger ton frère ? Toi, pourquoi mépriser ton frère ? Tous, en effet, nous comparaîtrons devant le tribunal de Dieu. Car il est écrit : Aussi vrai que je suis vivant, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant moi, et toute langue proclamera la louange de Dieu. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.
« Nous appartenons au Seigneur ». Pas sûr que beaucoup d’humains applaudiraient à une telle affirmation. Comment l’entendre ? Si ce n’est pas un acte de foi, c’est un acte d’humilité. Je ne suis pas « le maître », un Autre m’a créé. Je me reçois, ma vie, tout mon être, même mes diminutions, d’un Autre, de plus que moi-même. Cet acte d’humilité inspire un regard toujours nouveau, sur moi-même comme sur tout élément de la création. Je m’inscris dans une Vie qui me dépasse largement, dans ce grand « Élan et Mouvement créateur » de Dieu, pour avancer selon l’Esprit. J’accueille alors avec étonnement et gratitude cette liberté qui m’est donnée pour aider cet « élan ». Appartenir au Seigneur, dans ma vie et dans ma mort, est-ce une contrainte, une aliénation ? C’est une grâce ! Une grâce qui invite à un décentrement, à une Communion. Je n’ai pas choisi de venir au monde, et un jour notre vie partira, s’en ira, passera. Mais sur terre, si je me laisse toucher par la grâce venue par le Christ, notre Seigneur, oui j’ai à « choisir la Vie », en l’inscrivant dans la sienne. Un parmi des myriades, Dieu nous appelle à nous poser, à recevoir la vie, à consentir au réel, et poser avec une humilité amoureuse les choix qui aideront Dieu à demeurer Dieu, en tout. Notre liberté, unique à chaque être, cherche ce qui fait vivre « pour le Seigneur », et même ce qui fait mourir pour le Seigneur.
Alors c’est vrai, juger son frère, le mépriser, n’a pas de sens. Ce serait se centrer sur soi, et alors se voir seul maître sur tout ce qui m’entoure. Cela m’arrive ! Le « tribunal de Dieu », je ne sais pas ce qu’il est ou sera. Mais est-ce Lui qui me l’inspire parfois, je crois qu’un jour je me sentirai « confondu », quand je verrai Dieu tel qu’Il est, sa grâce, tout ce qu’Il donne, et ce que j’en ai reçu et fait… Bon, pas très clair, tout ça ! Que vienne l’Esprit !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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