Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 18, 9-14 L’Évangile boussole d’une relecture confiante (I)

Publié par Pierre-Baptiste Cordier Simonneau sur 25 Octobre 2025, 05:56am

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Lc 18, 9-14 L’Évangile boussole d’une relecture confiante (I)

Nous sommes toujours mauvais juges de nous-mêmes. Cette phrase pourrait résumer l'Évangile de ce 30e dimanche ordinaire. Entre le publicain qui se désole de sa vie et le pharisien qui s’en gausse fort de sa propre perfection, il semble possible de trouver un juste milieu. Et ce chemin demande que nous le cherchions avec vérité et sérénité.

Relire nos vies sous le regard d’amour de Dieu

En fait, peut-être nous faut-il d'ailleurs cesser de nous regarder le nombril et de nous mirer le matin dans le miroir. L'introspection n'est pas mauvaise en soi mais à la condition qu'elle soit une relecture vivante de nos vies sous le regard miséricordieux du Seigneur. C'est Lui et lui seul qui nous justifie. Si nous sommes un tout petit peu honnêtes envers nous-mêmes, nous savons que nous ne faisons pas tout bien, ni tout mal.

Trouver des semences de bonté dans nos vies

L'Espérance chrétienne dans laquelle notre foi en le Dieu et Père de Jésus-Christ nous engage à croire qu'il y a en chacun une semence de bonté. Et que c'est cette bonté qui sauve le monde. En fait, elle nous donne de participer à la miséricorde du Père et nous invite à nous engager pleinement en ce monde et en ce temps.

Apprendre à discerner

Ainsi, il nous faut discerner ce qui, en nos vies, est semence de bonté et semence de discorde. L'une et l'autre sont mélangées en nos cœurs et nous devons être suffisamment vigilants pour que la discorde ne prenne pas le pas sur la concorde. Ainsi, cette relecture de vie nous expose à l'humble reconnaissance que notre amour pour nos contemporains et ce monde n'est pas toujours à la hauteur de l'espérance que Dieu manifeste à notre humanité.

Dans la confiance et l’espérance

Pourtant, il ne faut pas nous laisser entraîner à la désolation devant cette évidence. L'ennemi de la nature humaine aime nous entraîner aux tréfonds de ce que nous sommes comme à son pinacle. Il est important de pouvoir trouver une justesse de jugement pour nous entraîner à l'amélioration continue. Autrement dit, la perception la plus juste possible de ce que nous sommes est une invitation à la conversion. Et, pour cela, il est important de s'en remettre à Dieu, dans une humble prière mais aussi à une sœur, un frère, expérimentés dans la foi.

Avancer sous le regard de Dieu

Dans cette invitation à la relecture de nos vies, des mouvements de notre cœur, de ce qui nous peine ou nous réjouit nous pourrons mieux comprendre comment avancer sous le regard de Dieu. Cela pourra nous éviter les deux écueils qui nous sont présentés dans cet Évangile.

Toutefois, et nous le comprenons bien en contemplant le publicain, ce qui importe ce n'est pas nos glorifications ou nos lamentations mais la contemplation de l'Amour de Dieu, de l'action de Dieu dans nos cœurs. Le publicain demande l'aide de Dieu pour avancer, il s'en remet à sa grâce conscient du chemin de croissance humaine et spirituelle vers lequel l'Évangile l'oriente.

Marcher vers la liberté que Dieu nous propose

Le péché n'intéresse pas Dieu. En revanche, ce qu'il entraîne est bien plus problématique. Ainsi, l'orgueil qui monte du cœur de notre pharisien doit l'empêcher de mettre en pratique les commandements de Dieu. Les respecter c'est bien, les mettre en pratique c'est mieux. Car dans cette mise en pratique nous comprenons comment le Seigneur vient parler en nos cœurs.

Agir en vue d’être libre pour aimer

Ainsi, si nous jeûnons parce que l'Église nous le demande mais que cela nous rend épouvantables à l'égard des autres ou que nous en profitons pour faire des courses ou une activité ludique, nous perdons le sens. Ainsi, nous pouvons nous rappeler que la règle, les commandements de Dieu sont une invitation à aller plus loin, à marcher dans la liberté. Elles ne sont pas un carcan qui enferme pour nous empêcher d'être pleinement libres pour aimer.

Marcher vers l’humilité

Ainsi, nourrissons notre prière de ce qui nous entrave, nous empêche de marcher pleinement vers la liberté du cœur et vient entacher notre joie. Ce n'est pas tant l'humiliation que nous devons rechercher mais plutôt l'humilité. Elle n'est pas non plus la négation de ce que nous sommes, mais la recherche d'une vision juste de notre chemin de sainteté.

Pierre-Baptiste Cordier Simonneau

membre de la société de vie évangélique du cœur  de Jésus

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