La vie de Charles de Foucauld illustre bien le mouvement vers la paix proposé en ce mois d’octobre :
- Un homme qui se quitte lui-même
- Un homme qui se met à l’écoute des motions de l’esprit pour entendre sa vocation propre : la rencontre du frère
- Sa mise en route à l’écoute de la culture des touaregs
- Un homme qui se laisse sauver par eux.
La trajectoire de Saint Charles de Foucauld le conduit peu à peu d’une contemplation un peu austère, voire figée et séparée du monde, à une vie eucharistique ouverte au grand vent de la fraternité universelle. Le pape François l’a déclaré Saint le 15 mai 2022, pour avoir été un précurseur d’ouverture et d’écoute dans un monde actuel mondialisé à l’excès et qui, par réaction, a tendance à devenir de plus en plus violent.
Continuons d’avancer à sa suite !
EPISODE 4
Semaine 4 : La paix commence par un envisagement mutuel
Luc 1, 39-45 : « En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : » Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » »
Charles de Foucauld s’est immergé chez les Touaregs. Au cours de l’hiver 1908, il est atteint du scorbut. Il est proche de la mort ; les Touaregs le sauvent avec le peu de lait de chèvre qui leur reste au creux de la sécheresse qui sévit alors dans le pays. Les Touaregs se sont fait proches du marabout. Lui qui était venu sauver les Touaregs et qui désirait leur apporter l’Évangile, est sauvé par eux. Ainsi se retourne le festin eucharistique.
Cette révolution évangélique est à l’œuvre dès le début de l’Évangile : porter en soi le Christ, aller visiter son frère dans son intimité et tressaillir ensemble depuis nos profondeurs : « mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur parce qu’il a porté son regard sur son humble servante ».
La fraternité universelle est une réciprocité, une visitation mutuelle, pas de main en surplomb mais deux mains qui se rencontrent l’une avec l’autre. Tel est le chemin de la fraternité universelle qu’a incarné Charles de Foucauld à travers sa proximité et son amitié avec le peuple Touareg. En 1916, le chef des Touaregs écrivait à la sœur de Charles : « Le marabout n’est pas mort que pour vous autres seuls. Il est mort aussi pour nous tous . »
Questions :
Trois mots résument le comportement de Marie : écoute, décision, action …ils indiquent une route pour nous aussi, devant ce que le Seigneur nous demande dans notre vie.
Qu’est-ce qui me met en route vers l’autre ? Avec quelle hâte ?
Comment est-ce que j’écoute les personnes que je rencontre, en particulier celles qui sont dans la difficulté ? Est-ce une relation de réciprocité, d’égalité ? La relation à l’autre m’ est-elle un chemin de conversion personnelle ?
Quel message, quel visage du Christ , je reçois des autres ? Suis-je comme Jésus à Nazareth en relation de réciprocité, d’égalité avec mes frères ? Ou plutôt en position de domination ou de conquête ?
Citations de Frère Charles :
« La Visitation, c’est l’amour du Christ, vous pressant… La lenteur à faire du bien à l’être aimé est incompatible avec l’amour… »
« …Aller aux brebis perdues, aux âmes les plus abandonnées, les plus délaissées… »
Dominique Thévenon, membre de l’Association de la communauté
des Petites Sœurs du Sacré-Cœur de Charles de Foucauld
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