Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »
Sachons lever le voile du codifié pour entrer dans le jour nouveau (merci à l’auteur de la photographie)
A la fin de la confrontation avec les pharisiens, Jésus déclare que « le Fils de l’homme, (c’est-à-dire lui), est maître du sabbat ». Il y a donc, pour nous, à recevoir que le sabbat même s’il structure le temps social ou les différences entre les groupes n’est pas la source véritable de la manière de bien vivre. Il en est au mieux un écho. D’autres manières sont légitimes. L’interdit que pose l’existence du sabbat ne peut être absolu, ni la seule source du bon chemin de vie. Un autre chemin que celui du respect de l’interdiction du travail durant le sabbat est proposé par Jésus, en prenant appui sur une autre transgression, celle de David concernant un interdit alimentaire se rapportant à la structuration sociale de la société.
Alors ceci peut nous conduire à percevoir autrement la situation vécue et le sens qu’il y a dans la transgression. Dans les deux situations, il y a la faim, faim qui impose et légitime la transgression. L’interdit est par là, par cette référence aux nécessités fondamentales de la vie, relativisé. C’est tout le chemin d’humanisation qui est alors à reconsidérer, une nouvelle symbolique peut s’esquisser. La faim avec l’obligation de se nourrir d’une part et d’être nourri avec l’obligation de l’aide du prochain d’autre part.
Cela indique pour chacun de nous un nouvelle manière de rechercher le chemin de vie. Dans la situation que je rencontre, faire ce qui donne de pouvoir de vivre à tous. Un appel puissant à l’invention, au dessaisissement de manières codifiées, à la considération de la situation en elle-même. Augustin dira d’ailleurs quelques siècles plus tard « Aime et fais ce que tu veux ». A nous aussi en ces jours qui sont les nôtres sachons inventer ce qui permet la vie de tous. Rejoindre ce qui permet la vie de tous dans l’attitude la plus humble nous donne de pouvoir entrer dans le « jour nouveau », guidés, conduits, accompagnés par Jésus. Osons inventer des chemins nouveaux, ceux de l’amour en acte.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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