Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 16, 1-13 Dieu et le « monde malhonnête » (Am 8, Ps 112, 1 Tm 2,) 25ème dimanche C

Publié par Olivier de Framond compagnon jésuite sur 21 Septembre 2025, 05:49am

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.’ Le gérant se dit en lui-même : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.’ Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ?’ Il répondit : ‘Cent barils d’huile.’ Le gérant lui dit :‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.’ Puis il demanda à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ?’ Il répondit : ‘Cent sacs de blé.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris 80’. Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

ce qui nous fait vivre et marcher vraiment (merci à l’auteur de la photo)

ce qui nous fait vivre et marcher vraiment (merci à l’auteur de la photo)

J'ai toujours buté sur cet évangile. Là encore. M’est revenue alors la lecture d’un compagnon jésuite … L’épisode suit le chapitre 15 où Jésus se tient entre deux groupes, les scribes et pharisiens, et les pécheurs et publicains. Alors les fils de la lumière ici ne désignent-ils pas ces derniers, et les fils du monde, qui manient l'argent malhonnête ? Du coup, ce gérant malhonnête – cela peut choquer –, pourrait être Jésus lui-même ! En effet, il va se mêler à ces tenants de l'argent malhonnête. Il semble même plus attiré par eux que par les gens « bien » ! Ceux-ci, les maîtres religieux et maîtres des Écritures, vont l’éjecter. Les fils de la lumière restent entre eux. Jésus se fait des amis avec des hors des clous. Et il va même jusqu’à leur pardonner : comme dans la parabole, il leur remet leurs dettes, au moins une partie.

Mais alors qui sert Dieu : lui et les amis de l'argent malhonnête, ou les purs ? J’avoue, j’ai buté. Là vient une autre question : quel est ce « bien véritable » évoqué ? Réponse simple : ce qui reste quand « l’argent malhonnête » n’est plus là. Sacré raccourci pour nous éveiller à ce qui nous fait vivre et marcher vraiment. Jésus, depuis sa descente au Jourdain, a choisi : ce qui le fait marcher, c’est eux, c’est nous, c’est l’amour de la vie, la joie de s’être reconnu « fils bien-aimé » d’un Dieu reçu comme un « Papa au cœur de mère ». Il ne dit pas quel est le bien véritable, car il se laisse chercher ; à nous de le trouver. Ceux qui vont le reconnaître et le choisir, c’est les pécheurs et publicains, c’est toute sa joie ! … Mais alors les « purs » n’ont-ils pas choisi Dieu, et les autres, « le monde » et ses travers ? Choisir Dieu vient en qui est disposé à changer de choix quand Dieu vient à leur rencontre. Ils se laissent rencontrer par Dieu ! Apparemment ce à quoi Jésus invite les purs c'est de choisir. Ils veulent et Dieu et l’argent. Ils ne se laissent pas rencontrer par Dieu et le bien véritable. Et moi ? …

Jésus trouve Dieu et la vie en se mêlant au monde, aux malhonnêtes. Il est sorti des regards conventionnels. Il s’est rendu dépendant des « malhonnêtes » qui l’accueilleront. Il invite les gens bien à devenir de tels pèlerins du bien véritable. Qu’a-t-il trouvé, qui semble l’animer, le réjouir, le mettre en marche ? En fait je comprends pourquoi ils ont voulu le supprimer : il aimait trop la vie. Il la désirait trop. Il la partageait trop ! C’est trop pour moi, Rabbouni, tu le sais ! Accorde-nous la grâce d’accueillir ton amour et ton feu, même si c'est trop pour nous !

Olivier de Framond compagnon jésuite 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Articles récents