À vrai dire, se nourrir et avoir un toit sont les deux grands besoins de l’homme. Ils sont des lieux anthropologiques profonds d’où émergent tous nos gestes d’humanisation. Le Deutéronome, 5ème libre du Pentateuque, retrace ce chemin d’humanisation parcouru par les Hébreux, de la terre d’esclavage en Égypte, à la terre promise, Israël. Les étapes traversées conduisent l’Israélite à s’unir plus profondément à son Dieu au quotidien, grâce à l’histoire vécue par ses pères, à l’interdépendance pleine avec la nature, l’étranger, le lévite, dans la reconnaissance et le partage.
À notre tour, prenons ce chemin et repérons, dans notre propre existence, des étapes vécues similaires. Après ce passage du Deutéronome, nous pouvons répondre pour nous-même aux questions et entrer dans un dialogue avec le Seigneur, comme un ami parle à son ami.
Dt 26 10-11 « Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. » Ensuite tu les déposeras devant le Seigneur ton Dieu et tu te prosterneras devant lui. Alors tu te réjouiras pour tous les biens que le Seigneur ton Dieu t’a donnés, à toi et à ta maison. Avec toi se réjouiront le lévite, et l’immigré qui réside chez toi ».
Le peuple est maintenant sur sa terre. Il produit par lui-même et pour lui-même sa nourriture. Et un geste nouveau lui est proposé : Offrir ! Offrir les prémices au Seigneur à Celui qui lui a donné, qui lui donne et qui œuvre avec lui. Offrir pour donner de lui-même, donner largement, pas de son surplus mais de son nécessaire. Un geste prophétique, en attente d’une autre réalité. Une démarche libre qui prend appui sur l’histoire vécue et relue, une démarche de confiance dont les prémices sont les premiers fruits d’une récolte à venir… Et là je sens dans mon geste comment tout se tient : mon Seigneur, la nature, le travail passé, les autres humains à côté de moi, proches ou lointains… Je sens la relation entre tous, je sens, là, le vrai bonheur…
Question
Après avoir éprouvé la dynamique profonde du récit où la venue, l’offrande, l’évocation de l’histoire me disposent à vivre pleinement le présent qui s’offre à moi. Je me sens en relation avec les autres dont je reçois et à qui je donne, à qui je peux demander et à qui je rends, chaque chose chaque être a sa juste place, la vie coule en moi et avec les autres. Je cherche dans ma mémoire des moments où j’ai vécu cet embrasement de la réalité. J’en rends grâce.
Au terme de ce parcours, je peux prendre le temps de me demander comment, dans ma vie, j’ai moi-même pu entrer en interdépendance pour la nourriture ou tout autre chose, en donnant, recevant, rendant, en osant demander… J’en parle avec le seigneur…
Jean-Luc Fabre, Directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape France
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