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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 21, 25-28.34-36 1er dimanche de l'Avent, 2021

Publié par Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite sur 28 Novembre 2021, 12:42pm

Catégories : #evangiles_piste_reflexion

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 21, 25-28.34-36) . Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste. Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme.»

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Homélie Aujourd’hui un cycle se remet en route dans notre Eglise. Une nouvelle année liturgique commence, un nouvel Avent qui nous projette à nouveau vers une attente de l’événement de la venue du Christ. Alors pourquoi donc l’Eglise a-t-elle pris appui sur cet évangile pour nous aider à aller vers Noël, pour nous disposer à la venue glorieuse du Christ en nos vies et au terme de l’histoire ? Quelle attitude désire-t-elle susciter en chacun de nous, ainsi qu’au sein des communautés que nous formons ?
 
Le choix du passage retenu de Luc, tient-il à ce qu’il y est parlé de tous ces hommes qui meurent de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde. Et certes notre temps peut se sentir bien concerné avec la cinquième vague du Covid qui frappe à nos portes européennes, la mort des migrants au large de Calais ou ailleurs, les soubresauts de plus en plus forts du climat… Mais qui connaît un peu l’histoire trouvera bien d’autres époques, en bien d’autres parties du monde, elles aussi assaillies par les malheurs qui arrivent sur le monde… le message va bien au-delà de la caractérisation de notre époque, de la mise en perspective de la situation qui est la nôtre…
Sans nier notre situation, quelque chose de plus profond nous est adressé. Alors laissons-nous interroger par les trois recommandations, concernant notre attitude corporelle, qui traversent tout le texte :
« Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie... »
« Restez éveillés et priez en tout temps » 
 
Je me suis demandé mais quand donc un corps est-il capable de faire tout cela en même temps ? C’est-à-dire de « se redresser, de relever la tête, de se tenir sur ses gardes, de rester éveillé » Et bien au moins lorsqu’il marche, lorsqu’il se meut, lorsqu’il se déplace, lorsqu’il est en mouvement.
C’est bien ainsi que la Bienheureuse Vierge Marie répond à l’attente qui est née en elle, en allant vers sa cousine Elisabeth. C’est bien ainsi que les rois mages incarneront l’attente qui les habitent et qu’ils se disposeront à la venue du roi de gloire… en allant vers lui. Oui nous sommes appelés à nous mettre en route, à marcher pour pouvoir attendre, pouvoir accueillir celui qui vient à nous.
 
Ce qui vient d’être dit s’applique bien à un corps physique : ce corps se met en attente par la marche vers un but éloigné pour pouvoir recevoir l’autre. Mais un corps social comment fait-il pour se mettre en attente ? Là aussi la parole de Dieu nous l’indique en ce jour. C’est en pratiquant la justice. Celle-ci désinstalle chacun de sa place acquise, elle tisse de nouvelles relations, elle creuse un désir, une attente, elle met la société, le groupe en mouvement, vers un devenir qui est, en son fond, une attente.
 
Réentendons quelques-uns des passages de la parole de Dieu que nous avons déjà entendus où affleure cet enjeu vivifiant de la justice, concrètement mise en œuvre…
« En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice. »
« Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. »
« Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous. Et qu’ainsi il affermisse vos cœurs, les rendant irréprochables en sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous les saints. Amen. »
 
Oui faisons également notre la prière d’ouverture qui pointe vers la même direction. Peut-être l’avons-nous écoutée trop distraitement ? Je vous la relis. « Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du jugement, à entrer en possession du Royaume des cieux ».
 
Se mettre en route… oui pour chacun de nous, pour chacune de nos communautés en ce temps de synode, de tremblements pour l’Eglise… honorons la part inconnue de notre humanité, laissons-nous être auteurs de nos vies, et pas seulement sujets de nos situations, espérons, réentendons le prophète Michée « Homme, répond le prophète, on t’a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. »
 
En ce commencement d’Avent, mettons nous en marche, sous la voute étoilée, dans l’obscurité de la nuit, avec nos jambes, nos bras, nos poumons, notre cœur, notre tête, seul ou à plusieurs… C’est là que se trouve notre être profond, être un homme debout, que repose le fond de notre attitude de foi, être un pèlerin.
Oui « Viens Seigneur Jésus, nous t’attendons, nous marchons vers toi ».

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite

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