« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », entendons-nous dans l’Évangile de ce 29e dimanche ordinaire. Cette phrase, bien connue du grand public, est riche d’enseignements. Elle nous conduit à bien séparer ce qui relève de la loi de Dieu et de la loi de l’État. Elle nous invite à opérer un discernement dans notre manière d’habiter le monde.
Vivre au cœur du monde
Jésus nous invite à vivre au cœur du monde comme des citoyens, payant l’impôt, même s’il est levé par l’occupant. Cela n’est pas un blanc-seing non plus. Il s’agit d’être là où nous sommes et de nous conformer aux règles de la cité. Mais cela réclame de nous une réelle vigilance quant à ces règles. C’est toute la question de ce qui est moral et de ce qui est légal. C’est ce que nous a rappelé le pape Léon XIV lors de son séjour à Lourdes.
Il faut des critères de discernement, des lignes de conduite pour comprendre ce qu’est pour nous le sens de la vie et agir ensuite avec un avis éclairé. Bien sûr, il y a les règles de l’Église qui nous donnent la direction vers laquelle il faut aller, mais il y a aussi la voix de notre conscience à laquelle nous sommes sans cesse renvoyés. C’est important de garder la clairvoyance dans notre action pour grandir dans la liberté des enfants de Dieu.
Appelés à la liberté
La liberté, nous l’acquérons lorsque nous fréquentons la Parole de Dieu et les Sacrements qui nous envoient au cœur du monde. Ce sont eux qui nous donnent de percevoir la volonté de Dieu pour nous et la manière dont nous sommes invités à servir nos frères et sœurs en humanité. Ne perdons pas de vue cet essentiel, cet appel qui est au cœur de l’Évangile.
Notre foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, n’est pas pour notre confort, pour nous et notre petit plaisir. Elle nous envoie en plein monde à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité pour être témoins de la consolation de Dieu. Nous ne regardons pas le monde depuis un balcon, nous sommes pleinement impliqués dans sa marche et coresponsables.
Alors, il ne faut pas tout attendre de Dieu, nier notre rôle en ce monde et en ce temps. Nous avons à trouver des lieux d’action, au cœur du monde, pour que la loi de César permette des conditions de vie dignes. Sinon, nous serons conduits à être des hypocrites qui se contentent de dénoncer des lois qui nous paraissent injustes, indignes. Le chrétien habite au cœur du monde pour le changer et le transformer, non pour le regarder se dérouler devant lui. Il faut apprendre à prendre part à ce monde, à oser participer à sa marche, à se « salir les mains ». Si notre action ne remporte pas le succès escompté, nous pourrons en être attristés, mais heureux d’avoir œuvré pour essayer de le changer.
Lire les signes des temps
Dieu passe par de petits pas, d’infimes traces dans nos existences. Soyons attentifs aux signes des temps, à ce commencement de fin d’une brise légère. Cela nous donne des orientations pour être témoins de Dieu là où nous sommes. Le monde est la vigne que le Seigneur nous confie, qu’il nous revient de cultiver pour faire advenir de bons et beaux fruits. Réjouissons-nous d’une telle mission et entendons aussi le Seigneur se réjouir de découvrir que nous prenons notre part à l’annonce de l’Évangile.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
/image%2F0931903%2F20261017%2Fob_aad384_cesar.png)
