En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.’ »
Il y en a un qui est tout tendu vers le temps de la moisson. Seul le blé compte. N'enlevez pas l'ivraie pour ne pas arracher le blé ! Et il y en a un qui s'amuse à détourner l'attention de ce qui compte, pour ne voir que l'ivraie et mettre dans le trouble. Il y en a un qui crée et fait vivre. Son ennemi ne le supporte pas car il ne le peut pas. Par contre, pour le créateur, il n'est que "un ennemi". Son attention est vraiment tournée seulement vers la moisson. Et la moisson est abondante, dira-t-il ! Ce serait donc dommage de se laisser troubler par un ennemi qui ne s'intéresse qu'à détourner de l'essentiel. C'est la question du Mal.
J'avoue que ces dernières chaleurs horribles, ce n'est pas de l'ivraie, mais cela a eu le même effet. J'aurais voulu les arracher, ces chaleurs moites bordelaises ! J'aurais voulu les supprimer, ces détracteurs de climat qui font la guerre et de la zizanie ("zizania", c'est l'ivraie en latin), et du carbone tant qu'ils peuvent ! L'Évangile m'invite à garder le cap sur la moisson et le blé, la vie qui pousse et ne fait pas de bruit, la seule manière de lutter. C'est vraiment une bonne nouvelle, elle ne met pas encore naturelle. Et vous ? Comment gardez-vous le cap sur la moisson à venir ? Notre seul travail est vraiment de demeurer reliés au Créateur. Même quand ça chauffe, et sans doute encore plus quand ça chauffe.
Un enfant du blé, Paul, semble avoir trouvé un truc : laisser entrer l'Esprit qui intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Il faut que j'apprenne et m'apprivoise à cette musique particulière de l'Esprit. Elle non plus apparemment ne m'est pas naturelle. Un autre enfant de la même famille, la sagesse, suggère une trouvaille révolutionnaire : devenir humain ! Mais très peu y pensent, encore une drôle d'idée de Dieu. On trouvera bien un ennemi pour la voiler. En tout cas, je suis preneur de vos bonnes idées pour devenir enfants du blé. Merci d'avance
Olivier de Framond compagnon jésuite
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