Et c'est là que notre mission baptismale prend tout son sens : annoncer au monde le désir de Dieu pour nous. Dieu veut que nous bâtissions son Royaume et sa justice là où nous sommes. Il est d'abord empli de compassion devant tous ceux et toutes celles qui n'ont pas la joie de le connaître.
Envoyés dans le monde depuis notre baptême
Comme les disciples dans l'Évangile de ce dimanche (Mt 9, 36 – 10, 8), c'est d'abord vers « les brebis perdues de la maison d'Israël », celles de notre « Galilée », qui nous sont proches, que nous sommes envoyés. Ce n'est peut-être pas la mission la plus facile tant il est difficile d'échapper au regard des autres. Pour autant, Dieu nous invite à l'humilité et à essayer d'être autant que faire se peut dans la cohérence entre nos paroles et nos actes.
Jésus nous fait donc une proposition pour travailler à la fois notre humilité et notre conversion. Nous ne sommes pas toujours cohérents et comme les foules de l'Évangile de ce 11e dimanche, nous sommes parfois « désemparés et abattus. » Alors, dans ces cas-là, n'hésitons pas à revenir vers Dieu. Il est toujours prêt à nous manifester sa compassion, son amour et sa grâce. Nous entendrons ainsi son doux appel à avancer davantage vers un accomplissement des promesses de notre baptême.
Vous avez dit conversion ?
La conversion qui en découle n'est pas une somme de choses à faire. Il est important de sortir d'une sorte d'obligation de résultat, de réussite. Avec le Seigneur, il n'y a pas d'examen à passer. Le seul qui vaille est l'examen de conscience qui n'est pas une évaluation mais plutôt une marche vers la prise de conscience d'une révélation. Dieu vient nous dire qu'il nous aime et qu'il veut que nous marchions à sa suite car cela rend heureux.
Certes, cela coûte, car cela nous engage à vivre davantage dans la vérité de l'Évangile. Il nous conduit vers un compagnonnage avec le Christ qui nous donne d'entendre sa promesse d'une vie en abondance. Non pas une vie facile, à l'abri des problèmes, des soucis et autres aléas de la vie. Mais une vie qui est davantage tournée vers les autres que vers soi, une vie où l'échange et le partage ont davantage de prix que l'égoïsme.
Ainsi, vivre la mission du Christ d'annonce de l'Évangile c'est essayer de vivre davantage de disponibilité et d'ouverture au quotidien. Dans le rythme effréné de nos vies, dans nos agendas souvent surchargés, quelle place faisons-nous à cette ouverture, à celui qui frappe à notre porte et vient nous déranger ? Sommes-nous capables d'accepter d'être déroutés, déplacés, déstabilisés par cet autre qui peut venir nous déranger ? C'est dans ces lieux quotidiens, dans ces rencontres de tous les jours que nous pourrons témoigner que Dieu est promesse de vie et que « le royaume des Cieux est tout proche. »
Heureux sommes-nous donc si l'invitation du Seigneur à l'annoncer par et dans toute notre vie nous conduit à tout faire pour être des témoins crédibles de l'Évangile. Prions donc le maître de la moisson de nous aider à accueillir sa grâce. Puissions-nous nous rendre disponibles à l'impromptu de l'Esprit et ainsi rejoindre les ouvriers pour la moisson de l'amour.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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