La première lecture de ce 11e dimanche ordinaire nous invite à écouter la voix de Dieu et à garder son alliance (Ex 19, 5). Cette invitation de Dieu est tout indiquée alors que nous revenons aux dimanches véritablement ordinaires après le temps pascal, la Sainte Trinité et le Corpus Christi. Ces liturgies de fête sont là pour fortifier notre baptême, notre foi et nous redonner l'élan pour continuer notre chemin d'alliance avec le Seigneur.
Envoyé en mission depuis notre baptême
Chaque jour nous sommes invités à redire le « oui », formulé lors de notre baptême, pour mieux suivre et aimer le Seigneur. Cette invitation nous envoie en mission, au cœur du monde, là où nous sommes, pour annoncer au monde la « justice et la fidélité » de Dieu (Psaume 99, 100). Ainsi, nous pouvons comprendre que c'est Dieu qui nous a aimé le premier et que c'est son amour qu'il nous est donné de porter et d'apporter dans et par ce que nous sommes et faisons.
Être disciple c'est prendre la suite du Christ avec nos charismes, nos forces et aussi nos fragilités pour annoncer les merveilles de Dieu. Ce n'est pas nous que nous annonçons, nous ne sommes pas en mission comme en campagne électorale. Notre vie doit donc essayer de résonner de cet amour de Dieu qui parcourt la terre.
Mais, il faut être lucide, cette vocation baptismale n'est pas toujours aisée. Nous ne sommes pas toujours en communion avec Dieu, et encore moins avec les autres. Pourtant, l'invitation de Dieu est là. Il nous invite chaque jour à renouer avec cette alliance, à mettre nos pas dans les siens pour que le monde vive davantage de sollicitude et de fraternité.
Comment rester fidèle ?
Alors, comment rester fidèle à l'appel de Dieu ? Peut-être qu'il nous faut, tout simplement, adopter une attitude de louange, d'action de grâce pour la fidélité et la constance de Dieu. Reconnaître sa primauté comme l'élan premier de notre vie nous invite à nous décentrer de nous-même. Ainsi, lorsque nous nous tournons vers l'Éternel, Seigneur de toutes choses, nous contemplons l'étendue de sa fidélité. Alors, de notre bouche, de notre cœur pourra monter un chant de louange. Je peux louer le Seigneur, le bénir, car il m'aime infiniment plus que ce que je suis capable d'imaginer.
C'est dans ce mouvement de reconnaissance, d'action de grâce que Paul nous conduit dans la seconde lecture. Le sacrifice, la mort du Christ sur la croix est pure gratuité du Père pour nous montrer le chemin du plus grand amour. C'est le signe du fol amour de Dieu qui nous conduit justement à lui rendre grâce. Le Salut n'est donc pas une récompense à notre bonne conduite, à nos bonnes actions. Nos actions peuvent témoigner du Salut mais n'en sont pas la conséquence.
L'éternité de l'amour de Dieu nous donne de nous éloigner d'une relation commerciale avec Lui. Il n'y a pas de donnant-donnant avec Lui, juste un « je donne par amour. » Mais, devant un tel amour, une telle intensité dans le désir de Dieu de nous faire devenir ce qu'il est, comment ne pas être habité par la reconnaissance.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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