En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
La crainte, il y en a plusieurs sortes. L’arrivée surprise d’un bolide, la canicule et les climato-sceptiques criminels qui l’aident, à supporter, une grande gueule qui en impose, c’est pas les mêmes peurs. L’évangile pointe la mauvaise crainte à écarter, et la bonne crainte qui veille, à tenir. Je me rappelle, petit, que « rien n’est caché qui ne sera révélé », ça me faisait peur ; car je me disais « mince, on va voir mes bêtises que je cache ! » Jésus invite justement à ne pas entrer dans de telles craintes. La mauvaise peur tire vers le bas : je me replie, je m’inquiète, je me durcis, je m’empêche d’aimer la vie. Dans le scoutisme, ce qui est chouette, c’est que nous sommes encouragés à aimer, à servir, à s’entraider. L’un peut avoir peur de parler devant les autres, pour un autre, monter une tente ou faire la cuisine peut effrayer. Ensemble, on se tire en avant. Nos faiblesses autant que nos talents sont des dons ! Les unes, pour demander, les autres, pour aider.
« Soyez sans crainte », donc. « Vous valez plus que tous les moineaux ». Ceci m’évoque une suggestion faite avant la prière – comme avant toute rencontre –, celle de considérer comment le Seigneur me regarde. Moi, Lucie, moi, Clément, qui vais bientôt être baptisé, moi, chacune, chacun, tous, ici. Ce qui nous tire en avant, c’est de se reconnaître aimés d’un Dieu qui est Amour. Parfois le monde est moins porteur, comme l’a éprouvé le prophète Jérémie. Lui aussi entend de ne pas craindre les hommes, les « méchants », dit-il. Il parle du juste, qui ne cède pas à ce qui tire vers le bas. Le juste ne craint pas, il choisit la vie. Par exemple un week-end caniculaire, certains auraient pu se dire « on va griller comme des merguez ! Allons-nous annuler le week-end scout final de l’année ? » Et nous sommes là, ensemble, heureux d’être sortis, même si c’est un temps qu’on a réduit aux heures plus supportables. C’est la marque du bon esprit. Merci, l’Ami, Dieu, et vous qui valez bien plus que bien des moineaux !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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