Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
La Trinité, ça me fait penser à la danse. Une danse à 3 temps, comme une valse, et à 3 personnes. Danser, ça a toujours été pour moi un truc pas simple et qui me donnait envie, les 2 à la fois. J’ai toujours été un peu gauche, un sauvageon craintif, souvent à contre rythme. Danser, c’est entrer dans un élan, un déplacement, avec 3 partenaires : un autre, un rythme, une terre. Peut-être est-ce d’accueillir ces 3 étrangers qui me semblait hors de portée. Le Père, c’est l’initiateur du pas de danse. Le Fils c’est le sol, la terre, qui reçoit l’élan du Père. L’Esprit, c’est le rythme, la musique, le souffle à suivre avec confiance car je ne sais pas où il va me mener.
Il me semble que c’est cette danse qu’ont accueillie Jean en écrivant son évangile, Paul au milieu des foules étrangères de Corinthe, ou même Moïse devant la terre et son peuple. Un peuple à la nuque raide, donc lui aussi il a eu du mal à entrer dans la danse. C’est la danse de la tendresse et de la miséricorde. Moïse s’est dit « hou là ! c’est trop pour moi ! » Il s’est incliné jusqu’à terre. Peut-être pour la sentir, cette terre. Pour la connaître, que les pieds du Fils bien-aimé allait fouler. Il a eu besoin de se poser, de reprendre son souffle, avant d’y aller, dans la danse. Il a pu éprouver sa distance de l’Amour de ce Père. Un peu comme St Augustin quand il disait : « tard je T’ai aimé, Seigneur ». La Trinité était en lui, cachée, vérité invisible, Quelqu’un !
A la messe on initie parfois le mouvement ainsi : « la grâce de Jésus notre Seigneur, l’Amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint, soient toujours avec vous ». C’est ce que Paul adresse à ses amis de Corinthe. L’Amour de Dieu le Père ? « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». L’entendre. Plus encore, en moi l’accueillir, le vivre ! Il l’a envoyé « non pour juger le monde mais pour que par lui le monde soit sauvé ». Entrer dans la danse, je ne peux pas si je me sens jugé. Il me faut accueillir le pas du Bien-Aimé, le connaître, l’apprivoiser. Croire en lui, c’est entrer dans sa danse, la danse de l’Esprit, dans ses pas, son amour créateur, son humilité, … même si mon pas est gauche !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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