Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


site internet de l'Eglise catholique en Haute-Garonne . Responsable éditoriale : Anne-Charlotte Colombié. Contact : Service diocésain de la communication 28, rue de l"Aude - 31500 Toulouse - Tél. 05 62 71 94 83

Publié par Jardinier de Dieu sur 3 Avril 2026, 15:03pm

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Le Vendredi Saint, l’humanité apparaît telle qu’elle est, et non telle qu’elle devrait être. Nous ne la réfléchissons pas, nous la voyons – et nous nous voyons nous-mêmes comme dans un miroir. Nous voyons la lâcheté du reniement, le remords de la trahison, le déchaînement d’une foule manipulée, l’hypocrisie des comploteurs et les piteuses tergiversations de la puissance publique. 

Mais nous voyons aussi l’Humanité véritable qui nous est présentée par un païen inconsciemment prophète : « Ecce Homo, voici l’Homme », dit Pilate. Pas un homme parmi tant d’autres, mais l’Homme par excellence, celui qu’on attendait depuis les origines.

Car à la vérité, Dieu seul est humain. Ce Roi outragé, humilié, torturé, porte sur lui tous les stigmates de la cruauté qui l’a pris pour cible ; mais il les porte dans l’indicible majesté de l’Amour qui s’offre tout entier dans une existence humaine. De ce fait, la vision du Christ aux outrages n’est pas triste. Devant lui nous sommes interdits, stupéfaits, mais nous pressentons que rien en lui ne nous accuse, et une sorte de séisme peut se produire en nous, qui nous brise et nous transforme : « L’expression en est si sainte que le vieux péché, en nous organisé, frémit dans sa racine originelle » (Paul Claudel, La Ville).

Dans l’Ancien Testament, Dieu est souvent en procès contre son peuple. Mais l’étonnant dans ces procès, c’est que Dieu apparaît de moins en moins comme le juge, et de plus en plus comme le plaignant. Où donc est passé le juge ? Peut-être est-ce nous-mêmes qui nous jugeons ; mais encore faut-il que ce jugement nous conduise au repentir, et non à la désespérance.

À travers la figure du plaignant et à travers celle, voisine, de l’innocent condamné, les chrétiens ont progressivement découvert comment l’Ancien Testament parlait déjà du Vendredi Saint. Parcourant les prophètes, ils relu Isaïe, Jérémie, et aussi Michée : « Le Seigneur est en procès avec son peuple, il plaide contre Israël : mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je fatigué ? Réponds-moi ! » (Michée 6, 2-3).

Avant la Bible, devant les drames de la condition humaine et la cruauté des destins (par exemple dans la tragédie grecque), c’était l’homme qui criait vers les dieux, leur demandant pourquoi il était dans le malheur et se heurtant à leur silence. Dans la Bible et dans le Christ, les rôles s’inversent : c’est Dieu lui-même qui interroge l’homme et lui demande pourquoi il lui veut tant de mal : « Que t’ai-je fait, mon peuple ? Réponds-moi ! »

Le Vendredi Saint est la plus grande question qui ait jamais été posée à l’humanité. Cette question est posée par Dieu lui-même, et il revient à chacun de nous d’y répondre personnellement. Mais l’Église, personnifiée en Marie, nous précède et nous soutient toujours dans la réponse. Marie se taisait, mais quelqu’un fixé en croix a osé parler, peut-être en la regardant qui se tenait debout au pied de la croix voisine : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » dit le larron. « – Aujourd’hui, je te le dis, tu seras avec moi en paradis » répond Jésus.

Mgr Jean-Pierre Batut Évêque auxiliaire

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