En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »
Par la résurrection de Jésus, le monde a changé, savoir le contempler autrement c’est l’enjeu pascal pour nous.
Entendre les choix liturgiques pour la Parole de Dieu par l’aujourd’hui spirituel du peuple croyant, voilà ce qui oriente notre lecture des évangiles spécialement ceux du temps pascal. Chaque année, le parcours pascal est là pour nous donner de vivre pleinement notre vie actuelle sous l’éclairage de la Résurrection du Seigneur.
« Il vous faut naître d’en haut ». Cette injonction du temps de Jésus, nous pouvons l’entendre pour nous-mêmes, à la lumière pascale. La résurrection est une évolution pour le Seigneur Jésus. Mais elle est aussi un profond appel à vivre autrement pour nous aussi. Chaque temps pascal est un appel pour nous à se changer vraiment d’une manière radicale. Il s’agit de « naître » d’en haut… cela ouvre le sens du temps pascal pour chacun de nous.
« Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va ». Notre situation est étrange. Une chose énorme arrive, unique dans notre perception/compréhension du monde : un homme a traversé la mort et il nous parle après ce passage, il nous ouvre ainsi un nouvel horizon radical. C’est un fait à recevoir, à intégrer, pour lui permettre de nous transformer. Et pourtant, ce fait seul nous dépasse. Nous entendons sa voix mais nous ne savons où aller. Nous sommes en quête de ce qui peut éclairer cet événement pour nous guider vers la Vie en plénitude.
« Ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Voilà une piste à suivre : revenir sur ce qui a été dit, fait, partagé dans sa vie terrestre par celui qui nous parle aujourd’hui. A la lumière de sa mort/résurrection, ce qui a été vécu auparavant nous ouvre à une nouvelle lumière et nous donne de vivre à partir et selon l’esprit de sa résurrection à partir de notre propre situation. Faire ainsi nous donne de vivre vraiment, de vivre de la Vie éternelle. Entrons dans cette transformation de notre mémoire, de notre intelligence, de notre volonté pour vivre cette nouvelle Vie nous aussi, avec Lui, son Père, son Esprit et tous nos frères humains.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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