Aussi, il est important que nous exercions une bienheureuse vigilance sur tout ce qui touche aux conditions de vie de nos contemporains. Nous avons à exercer un rôle de veilleur et d'éveilleur afin de viser toujours ce qui peut être une occasion de croissance humaine, de servir une cause qui est plus grande que nos propres intérêts. Ce sont là des choix, des attitudes qui peuvent être douloureuses, crucifiantes même et nous apporter mépris et moquerie.
Le service de chaque homme, de tout homme
Pourtant, là où nous cherchons à servir chaque homme, chaque femme, au nom de la justice et de l'équité, c'est le Christ que nous cherchons à servir. Le vendredi Saint vient rompre le sacré et le profane avec le rideau du temple qui se déchire. Ainsi, toute notre vie baptismale doit être orientée vers cette recherche d'une société où chacun a une place à part entière.
C'est parfois un apostolat difficile tant les calculs, la recherche d'avantages ou de passe-droits, le copinage… sont légion. Pour autant, beaucoup de personnes s'engagent avec passion et droiture sur ce chemin du plus grand service de l'autre et à l'autre. Notre prière peut se faire proche d'eux afin qu'ils soient soutenus par la communauté ecclésiale dans cette passion et ce service désintéressé de la communauté.
Ainsi, le service est véritablement l'aboutissement de toute vocation dans la droite ligne du ministère du Christ tout au long de sa vie terrestre. Il a donné sa vie jusqu'au bout pour ouvrir la voie à la liberté qui nous invite à partir à la rencontre de l'autre, de tout autre, de chaque autre. C'est ce dernier qui nous aide à découvrir le chemin du Christ et, en même temps, c'est le Christ qui nous donne de découvrir le visage de Dieu qui se dessine dans la rencontre avec l'autre.
Souffle et absence
Et ce qui nous permet cette révélation, c'est le dernier souffle que le Christ rend sur la croix. Ce souffle de l'Esprit Saint qui nous donne de voir toutes choses nouvelles.
Alors que tout semble fini, que le Christ meurt des souffrances du crucifié, Dieu par son absence nous ouvre un avenir, celui de l'espérance, et d'une vie nouvelle.
C'est aussi le signe de l'eau et du sang qui jaillissent du cœur du Christ : le baptême et l'Eucharistie qui nous conduisent à espérer contre toute espérance.
Puissions-nous découvrir en ce vendredi Saint, dans le silence liturgique qui s'installe jusqu'à la proclamation de la Pâque du Seigneur, que l'absence de Dieu, ce Dieu caché, est promesse de vie, de fécondité pour chacun et chacune d'entre nous.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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